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2. Bachelier, sénéchal d'Aiguillon, maître d'hôtel du feu duc de Mayenne, était gouverneur de Clairac. Cf. Mercure francois, t. VIII, p. 453.

3. « La Buscaille, proche Clairac », dit le Mercure francois, t. VIII, p. 454.

4. Les noms de ces capitaines sont mentionnés également dans les Mémoires du marquis de Castelnau, t. IV, p. 359; mais nous ne savons rien de plus sur eux.

de la muraille couverte d'arquebuzerie et où il faisoit clair pour la fréquence des rondes, les capitaines Despans, Viau et Jeanin donnèrent par le trou avec chacun dix soldats; après eux, La Motte et Balestat avec quarante; Alaigre et Gelier avec soixante, et le reste avec Lezignan.

A peine furent entrez dix des premiers, qu'ils crient : Ville gagnée, attaquent le corps de garde de la haie, et, soutenus des seconds, emportent une barricade et rompent un gros, qui estoit en armes au milieu de la haie. Le combat fut opiniâtre par le capitaine Menoire, qui y mourut avec une cinquantaine des siens. De l'autre costé moururent le capitaine Despans et l'enseigne de Viau avec ses soldats. Pour l'effroi de ce combat, Lezignan, estant entré avec sa troupe, fit déboucher la porte peinte qui estoit fermée de terre. Lors tout estant dedans, les trois corps de garde, qui estoient l'un à la porte de la ville, l'autre au Terré, l'autre en la maison de Galiné, furent mis en fuite. En mesme temps arrivèrent, du costé de Nérac, Arbissan et Verduzan avec 1 00 hommes : ils attaquèrent la compagnie de la Barrière qui s'estoit jettée en la maison de l'advocat Favières. Bachelier, le maistre de camp, avec la plus part des officiers et six-vingts soldats, fit mine de défendre en la maison de Mauzac, et, aiant mis le feu en six ou sept maisons pour esplanade, entrèrent aussitôt en capitulation. Bauboux, qui en eut la commission, demanda congé d'en communiquer avec le conseiller Le Duc, de Bourdeaux, qui estoit venu pour le lendemain faire commencer le rasement des murailles. Gestui-ci, estant prisonnier, aida à faire la capitulation, qui fut à la vie sauve et à demeurer tous prisonniers

de guerre. L'abbé de Glairac fut aussi en ce paquet. Et tout cela avec ^00 soldats, sans estre fouillés; le gouverneur, n'ayant payé que 3!,000 francs, fut conduit jusqu'à la veue d'Aiguillon. Les Catholiques y perdirent 300 hommes, entre ceux-là Peurigan, sergent-majour.

A la fin de février, La Force aiant tout ralié se jette de surprise dans la ville de Tonneins le Bas, attaqua le chasteau, petite et mauvaise place; au bout de la semaine, il lui fut rendu, et par le marché le comte de la Vauguyon1, seigneur du lieu, Mont-Vieil et La Garde, jadis gouverneur et qui l'avoit vendu, demeurèrent prisonniers. Il y avoit dedans sept-vingts hommes : le principal effort fut par le vicomte de Gastets2 qui, retournant d'une entreprise sur Millau, arriva à propos pour passer le fossé et s'attacher au demi-bastion de la porte : ce fut ce qui donna occasion de capituler. Ceux de Glairac tuèrent quelques soldats des plus paresseux à sortir. Gela est de la fin de mars.

Le premier profit que voulut tirer La Force de ceste prise fut de relever les fortifications de Saint-Pé3, destruites au premier passage du Roi, sans s'amuser à la basse ville, qui avoit esté commencée à brûler par ceux qui la défendoient, et achevée par les preneurs. Saint-Pé estoit plus eslevé, plus entier et d'ailleurs appartenant particulièrement à La Force, lequel y mit son filz Monpouillan, qui commencea à y travailler in-

1. Jacques d'Estuer de Caussade, comte de la Vauguyon; il était gendre du maréchal de Roquelaure.

2. Nicolas de Favas, vicomte de Castets, s'était déjà distingué au siège de Nérac et à Monheurt.

3. Saint-Pé, localité de la comm. de Villefranche-du-Queyran, voisine de Damazan (Lot-et-Garonne).

continent après la prise de Granges , , mais n'eut presque loisir de rien avancer, pressé par l'armée du duc d'Elbeuf, comme vous verrez ci-après.

Lezignan aiant fait tout devoir de meubler Glairac de vivres et munition de guerre, et aiant receu nouvelle, par un trompette de la part du Roi, que ses filles estoient en un couvent de nonnains, prisonnières en représailles du conseiller Le Duc, il les retira par la reddition de son prisonnier. Après, estant refusé par le fermier de Granges, nommé La Laurie, capitaine du lieu, des bleds qui lui avoient esté promis en les payant, selon les défenses intervenues de la Cour de Parlement et du maréchal de Themines, fut résolu entre Théobon, Beinac et quelques autres de s'unir à Lezignan, pour assiéger le château de Granges. Ce qui fut commencé le 9 de mars, avec deux vertueils2 qu'on logea dans la grange de la bassecour, gagnée dez le premier jour : la nuit duquel entra trente soldats de secours dans la place.

Ceux de dedans se rioient de l'une des pièces qui avoit crevé du premier coup, et de l'autre qui ne pouvoit rompre que leurs vitres. D'ailleurs, ils estoient asseurez de secours, qui parut dez la seconde journée, laquelle s'acheva en escarmouches, sans autre efet. Mais le lendemain Gatus3, aiant amassé 1 ,500 hommes

1. On verra plus bas le siège de Granges, bourgade du Lotet-Garonne, à l'ouest de Villeneuve-sur-Lot, à une lieue de Clairac.

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