‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 163 sur 224 · Il était au siège de Montauban · texte numérisé non relu

Il était au siège de Montauban

cinq mille hommes ensemble, esmeus particulièrement à cause du désarmement, des menaces et moqueries, de la contrainte de signer la déclaration (qui les gesnoit en ce qu'il faloit qu'ils fussent perfides ou au premier serment ou au second) de plusieurs temples bruslez et de quelques meurtres faits à Paris.

Le duc d'Esdiguières, en partant du Dauphiné, avoit laissé un conseil qu'on appeloit de la direction, duquel estoient chefs M orges1 et le premier président Frère2, qui, aians déjà fait armer au premier soulèvement, quoique légèrement, mirent à ceste fois les armes ez mains de quelques soldats, mais de toutes les communes, establissans des corps de garde parmi les bourgades sur les passages des rivières et des grands chemins.

En ce temps-là, le comte de la Suze3 qui, aiant tasté en Beausse et en Normandie ce qui se pouvoit faire, avoit receu de l'Assemblée commission pour commander en Champagne et Bourgogne, sous la réserve toutefois du duc de Bouillon, aiant perdu l'espérance de tirer ce duc de Sedan, vint passer à Genève et là prit résolution, à quelque prix que ce fust, de s'aler enfermer au premier siège qui se présenteroit, et tout ce que l'on a dit autrement est vain et faux. Je ne di pas que si en passant il eut peu profiter du mauvais mesnage entre Chastillon et ceux de Languedoc, et trouvé quelque offre, il ne l'eust accepté. Mais

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