‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 189 sur 224 · La métairie de Rondelet · texte numérisé non relu

La métairie de Rondelet

foule d'habitans y accoururent pour défendre leurs enfans, et les sauvèrent avec perte de douze hommes, entre ceux là Sorguières, La Deveze et le jeune Gigord. Des Landes, commandant quinze maistres de la compagnie du duc de Rohan, mesla la cavalerie et infanterie, blessa le mareschal de camp Montréal et fit laisser aux ennemis six-vingts des leurs, les deux tiers morts et le reste demeuré blessé.

La forme du dégast estoit que les Catholiques choisissoient une estendue de terroir, au-devant duquel ils logeoient quelque infanterie dans les avantages des hayes, et à leur costé, la cavalerie ; derrière cela, avoient grande multitude de faucheurs, et puis brusloient le bled fauché : ce qui ne s'exécutoit point sans escarmouche, que nous ne pouvons toutes spécifier. Mais tout cela n'estoit que d'un costé de la rivière, parce que les Reformez tenoient Lattes, les ponts Juvenal1 et Trincas, et autres passages de la rivière.

Le 24 de juin, Zamet, aiant passé au gué des Marchands, trouva deux cents hommes qu'on envoioit garder Peyrous2, les met en route, quelques uns se sauvent dans le bosquet près la métairie du médecin Ranchin. Cinq hommes de commandement d'entre eux furent prins et quelque quarante tuez3.

Le passage de Peyrous n'estant plus gardé, quelques autres furent quittez : et lors le dégât commencea de l'autre costé de l'eau, et sefaisoit grand, avec les énormitez que les soldats se persuadent estre permises,

1. Sur le Lez, fleuve côtier qui coule à l'est de Montpellier.

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