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Les Gardes, Navarre, Piémont, Normandie

ne bougeans des vignes, ou courans entre Vileneuve et la Vérune1, si bien que quelques carrabins mal montez tuèrent à diverses courses plus de deux cens hommes de ce costé-là.

Les changements ordinaires qui se faisoient dans la ville m'empêcheront de m'estendre sur les quartiers d'un chacun. J'aime mieux vous dire qu'au premier de septembre, au poind du jour, les escarmouches commencèrent pour durer jusques au soir. Environ les dix heures, Savignac, avec une vintaine de volontaires, ala charger une troupe qui s'estoit logée aux masures de Batouet ; les déloge, après avoir tué à coups d'espée six ou sept de ceux qui partoient à regret. Mais 1 50 hommes de l'armée prenans la querelle des délogez, les capitaines Taravailles et Jaques Garlincas alèrent rechauffer l'écarmouche et la desmêlèrent à la veue d'un gros qui s'avançoit. Le lendemain, deux heures avant jour, les assiégeans gagnèrent une ridotte qui n'estoit que commencée, au devant du bastion Saint-Denys2. L'exécution faite par les 1 ,2!00 soldats choisis des régimens de Normandie, Piedmont, Navarre, Estissac et Fabrègues, 400 du premier et ^00 de chacun des autres. Mais cest avantage leur dura peu.

Car les assiégez, au poind du jour suivant, aians concerté une sortie, pour laquelle ils tirèrent de chaque compagnie huit mousquets et deux piquiers, faisans en tout environ quatre cens hommes, joignirent à eux cinquante volontaires armés, conduits par Saussan. Des

1. Entre Villeneuve-les-Maguelonne et Lavérune, au sudouest de la place, le nord et l'est seuls étant bloqués.

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