‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 199 sur 224 · Lombers, cant. de Réalmont, arr. d'Albi · texte numérisé non relu

Lombers, cant. de Réalmont, arr. d'Albi

4. Réalmont, ch.-l. de cant. de l'arr. d'Albi, au sud de Lombers.

De là fut résolu le siège de Briteste1, estant le duc fortifié du régimen du prince de Martigues, son filz, qui estoit de 1,300 hommes. Mais, en chemin faisant, il voulut reprendre Villebrunier, et deux ou trois maisons de gentilshommes que, à cause des vivres et moulins, Mombrun-Saint-André avoit saisies. Il y eut quelques coups d'espée donnez sur la retraite de Mombrun, où il perdit huit ou dix hommes; ses gens de pied se retirèrent sous l'avantage des vignes, horsmis quelques-uns qui se retirèrent dans Villebrunier; d'où, après quelques volées de canon, ils percèrent la nuit comme ceux de Lombez : neuf qui s'esgarèrent furent pris et pendus.

Briteste est un village fortifié à la mode du pays, c'est-à-dire d'une muraille de terre grasse; elle est en quarré barlong, aiant d'un sens six-vingts pas de trois pieds, et de l'autre cent trente-quatre; ceste petitesse affligée d'un commandement du costé des vignes; une partie sans fossé, et le reste élevé de dix ou douze pieds; les angles garnis de bastionnets de quinze ou seize brasses de gorge. La place, en un mot, estoit telle que nul capitaine ne consentoit à y attendre siège, hormis ceux de dedans, desquels aucun ne pouvoit ouir parler de quitter. Tellement que le duc de Rohan et le marquis de Malauze, s'accommodans à leur opiniastreté, jettèrent dedans le capitaine Faucon, du régimen de Sézigny, et avec lui les capitaines Maugis, du Fraisse, Fonblanc, Rainaud de la Cane et Fournes : tout cela faisans quatre cens hommes, et ceux du lieu, six-vingts.

1. Briatexte, bourg du cant. de Graulhet, arr. de Lavaur (Tarn), sur la rive gauche de l'Adou.

Le duc de Vendosme, au 19 d'aoust, fît paroitre son armée et poussa à la teste le régimen d'Albigeois, qui, prenant son logis aux métairies, le couvrit d'une écarmouche, à laquelle ceux de la ville perdirent le capitaine Montfrais et deux sergens, mais empeschèrent le logis. Sur le soir, tous les régimens passèrent à la veue de la ville. Puis demeurèrent tout le lendemain en bataille, pour faire passer huit canons et le bagage.

Le mercredi suivant, les aproches commencèrent par tranchées avec un logement de deux couleuvrines qui, dez l'arrivée, jouèrent aux défenses. Le vendredi, quatre canons firent batteries à la maison de Bonheure, qui, de 700 coups, ne fît point bresche raisonnable. Le mesme jour, quelques moutons de la ville furent cause d'une attaque ; les assiégeans, faschez de les voir emmener au dedans, s'eschauiïèrent jusques à donner à la contrescarpe, ce qui ne fut pas sans meurtre des leurs.

Les tranchées estant avancées jusques à la pointe du boulevard de Bonheure, où il n'y avoit point de fossé, fut commencée une mine d'une part, une contremine de l'autre. Les Catholiques, voians que leur labeur aloit estre esventé, scellèrent à la haste et mirent le feu le dernier jour d'aoust : cela fut cause qu'elle ne fist mal qu'à eux, tuant quelques-uns aux plus proches corps de garde et couvrant vingt pas de leurs tranchées, avec tout ce qui estoit dedans.

Le marquis de Malauze, sur la retraite du duc de Vandosme après la prise de Lombez, avoit tiré quelque artillerie de Puy-Laurens 1 , battu et pris par composi-

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