‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 36 sur 224 · Traîner en longueur, du latin protelare, même sens · texte numérisé non relu

Traîner en longueur, du latin protelare, même sens

fut de marcher en escrivant; et, de fait, ayant rassemblé tout ce qui luy vint en mains et même deux mille cinq cens hommes de pied et trois cens chevaux aux masures de Mongiscard, fit ses approches dans le penchant de la montagne. La Force y envoie remontrer son autorité1 et l'autre, payant de la nécessité du service du Roi, pressa Benzins qui, après plusieurs envois, se trouvant bien attaqué, mal défendu, eut une capitulation par delà son espérance. Le peuple des parsans2, qui avoient esté cassez, se voulut mettre en son ancien ordre pour secourir Benzins : tout cela fut poursuivy par les montagnes et quelques uns assommez3.

Là dessus La Force, armé et non armé, fit quelque contenance de fortifier Pau, Lescar* et autres lieux. Le pays y presta consentement et, comme le soulèvement commençoit de tous costés, le Roi despescha en Béarn, comme nous dirons en ce mesme chapitre, ïl y avoit un reste de mesconstens...

Ceux, dis-je, d'entre les grands qui se preparoient à en porter le fardeau sur leurs espaules firent ce qu'ils purent pour en conclure la séparation5; d'autres, comme La Force et Ghastillon6, ou mal traitez en

1. Une lettre de La Force à sa femme, du 14 mars 1621 (Mémoires, t. I, p. 526), montre que celui-ci fut en fait déconcerté par la rapidité de Poyanne et d'ailleurs dupé par lui.

2. Le Béarn était subdivisé en circonscriptions militaires nommées parsans.

3. Voir une version différente de cette affaire dans les Mémoires de Richelieu, t. III, p. 123-126.

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