En marge : Artic. Amorce d'un développement qui manque
2. Ch.-l. de cant. de l'arr. de Privas. C'est la patrie d'Olivier de Serres.
3. Gabriel du Réaux, seigneur de Codais, lieutenant des gardes du corps.
commission à un autre, voit arriver les ducs de Mommorenci et de Ventadour; et luy prenant sa leçon d'eux, ne fait que semblant d'armer jusques à ce que l'assemblée de Lunel1 le presse de quitter les voyes inutiles. Les trois villes empruntent dix mille escus, desquels il ne donna à aucun capitaine ni soldat, et néammoins, ce peuple aidant lui fit six mille hommes. Ce pendant qu'il envoioit en Cour, pourasseurer le Roi de ses comportemens et le faire souvenir de la promesse de la mareschaussée, et lors que Villeneuve se perdit, il avoit désarmé, sans en rien communiquer à ceux de la province.
Les ducs ne desarmans pas, le conseil de la province se plaind de Chastillon, révoque ouvertement en doute sa fidélité, et tel soupçon augmenta quand, les ducs accroissans leur armée du régiment de la Roquette, il fut ordonné de lui empêcher le passage par Sommières2 et par Lunel; Chastillon le fit passer malgré le conseil, disant que le trouble estoit en Vivarez et non en Languedoc, quoi qu'il fust créé et confirmé général de ces deux provinces et des Sévenes3.
Sur une nouvelle menace du siège de Privas, le Languedoc arme de nouveau, fait neuf mille trois cens hommes, bien contez en reveue et sans couster un
1. Lunel, ch.-l. de cant. de l'arr. de Montpellier, était le cheflieu du cercle des Réformés du Bas-Languedoc.