Alais, ch.-l. d'air, du Gard
2. Village du canton d'Aubenas (Ardèche), au sud-ouest de Privas.
3. Henri -François -Alphonse d'Ornano, seigneur de Mazargues, second fils du maréchal d'Ornano.
4. Jean-Baptiste d'Ornano, comte de Montlaur, colonel général des Corses, lieutenant général en Normandie.
5. Antoine-Hercule de Budos, marquis de Portes, lieutenant général en Gévaudan et pays de Cévennes. Il était oncle maternel du duc de Montmorency.
6. Sur ce capitaine huguenot, qui se distingua en 1590 à la prise de Corbie, voir t. VIII, p. 215.
n'y eut rien de remarquable. Le duc, scachant Autiège dans ceste place, montra de grandes impatiences, et lui eschappa d'esclatter ces paroles : Quoi! Monsieur de Chastillon me manquer oit-il bien de 'parole? Mais si l'un avoit à déplaisir l'entrée d'Autiège, l'autre n'en estoit pas plus content. Chastillon escrit donc à Autiège un billet, auquel il lui témoigne qu'il s'estoit jette dans Valons sans son ordre et qu'il eust à en sortir, à quelque prix que ce fust et prontement, sur peine de son indignation. Il fit porteur de ce billet un carrabin qui ne scavoit pas lire, lequel le communiqua par chemin à un homme de marque, qui, l'ayant leu, le supprima et, soubz prétexte de la difficulté de l'entrée, renvoia le carrabin. Celui mesme qui avoit empesché la reddition du billet aiant charge de jetter quelques munitions dans Valons, prit congé de Chastillon, lequel le pria d'user de diligence, de dire à Autiège et aux compagnons qu'ils tinssent bon et qu'il les secourroit bien tôt; et en même temps depescha un autre billet à Autiège par un soldat plus fin que le premier. Autiège ne l'eut pas plutôt receu et veu quant et quant une suite de murailles et de maisons ruinées à coups de canon, dans lesquelles le marquis de Portes, avec son régimen, s'estoit logé, qu'il demanda saufconduit pour parler au marquis ; et sur l'asseurance, il sort avec quelques capitaines. La composition fut que, dans une heure, lui et tous les soldats sortiroient de Valons avec armes, la mesche éteinte et promesse de ne porter les armes de six mois dans la province. Et s'il se trouvoit quelcun des habitans sortant avec les compagnies, le capitaine qui l'auroit receu seroit puny. Ainsi les gens de guerre sortirent et les habitans
demeurèrent à discrétion. Laquelle fut de pillage, six vingts maisons bruslées, douze rasées, le meurtre de quelques uns, les femmes violées, jusques à des filles de dix ans, et ce que la licence du soldat peut apporter1. Cependant, sous l'autorité qu'avoit encore Chastillon, il fit faire quelque assemblée qui donna témoignage à Autiège d'avoir fait selon son pouvoir.
Le murmure des réformez de Languedoc creut lors grandement contre Chastillon, sur lequel on avoit remarqué l'empeschement qu'il fit à jeu descouvert que Saint-Cosme* ne passast la rivière d'Ardesche pour engager les catholiques au combat.