‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 50 sur 224 · Capitaine huguenot, originaire de Nîmes · texte numérisé non relu

Capitaine huguenot, originaire de Nîmes

3. C'est le 17 avril 1621, à Fontainebleau, que la guerre contre les protestants fut décidée. Le 1er mai, le roi gagna Orléans, où il prit le commandement de son armée.

recevoir Saumur, de l'offre duquel il pratiquoit le gré pour soi et pour sa femme, comme aians vaincu quelques tressauts de piété, par lesquels le vieillard leur père estoit quelque-fois esbranlé ou relevé1 ; et mesme sous les offres de Soubize, lequel (avec récompense au Plessis et toutes les forces de çà et de là l'eau, sur tout de Normandie et de Poitou) en vouloit jetter à la défense de ce grand passage de Loire.

Toutes ces choses et le sentiment du devoir vaincu par celui de la peur, le Roi fut promt à entrer dans ces portes ouvertes et Le Plessis fort estonné à son délogement, qui ne put estre sans quelques insolences, mesmement quand les officiers et quelques soldats des gardes aidèrent à vider le cabinet où estoient ses livres, qui furent deschirez par les rues, brûlez ou foulez par les fanges2, la prise de possession ostant déjà aux claivoyans l'espoir du retour et le changement de garnison de Saumur à la Forest3.

Les garnisons de Loudun4 et Beaufort5, déjà possé-

1. Il s'agit de Duplessis-Mornay, beau-père de Villarnoul, gouverneur de Saumur.

2. Duplessis-Mornay ouvrit les portes de Saumur à l'armée royale, espérant que la place lui serait laissée. Richelieu, dans ses Mémoires (t. III, p. 144) dit que Duplessis-Mornay se fût indubitablement opposé à l'entrée des « troupes royales dans le château de Saumur; mais sa résolution fut ébranlée lorsqu'il vit les gardes dans les faubourgs et les Suisses de l'autre côté de l'eau ».

3. C'est au comte du Sault, petit-fils de Lesdiguières, que fut remise la place de Saumur. Cf. Mémoires de Richelieu, t. III, p. 144.

4. Ch.-l. d'arr. de la Vienne. Comme toutes les villes que d'Aubigné énumère ici, c'était une place de sûreté des huguenots.

5. Beaufort-en-Vallée, commune de l'arr. de Baugé (Maineet-Loire).

dées par Armagnac, valet de chambre du Roi1, changèrent insensiblement2, et Vezins ne se fit comme rien dire pour suivre leur exemple.

Suivoyent après les places du duc de la Trémouille3 desquelles Le Plessis voulut avoir le grand merci, comme curateur ; mais la mère4 l'anticipa, comme aiant depuis la mort du duc presché par tout l'obéissance et servi les desseins de la Cour contre ceux des partisans reformez. Le premier présent qu'elle fit fut de Touars, l'Isle Bouchard5, Mauléon0 et Talmond7, non sans grandes promesses que les garnisons y seroient toujours entretenues sous les mesmes gouverneurs.

Le duc de Sully n'estant point dédit à Fontenai8 et Saint-Maixant9, toutefois avec promesses moindres et plus obscures touchant le non changement, voilà Maillezais qui se trouve frontière.

Il y avoit quelques jours que Aubigné, retiré à Ge-

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