Entre la porte de Matha et la porte de ïaillebourg
4. Au sud, dans une île, séparé de la ville par un bras de la rivière de la Boutonne.
5. Elle dominait la Boutonne, entre les portes de Matha et de Taillebourg.
veau qu'une mauvaise tenaille i , imparfaite en sa forme et en sa façon. A ceste tour on traça dez le commencement un retranchement, qui apprit aux gens de guerre à défendre le dehors par acquit, puisque le partage2 estoit déjà résolu.
Auriac, aiant demeuré quelques jours retranché dans Saint-Julien, avec ses barricades au bout du pont et une perdue avancée dans le chemin creux, fut reconnu par le duc de Rohan avant son partement, qui, aiant fait partir de son aisle d'Adde, fit par lui présent aux assiègeans de la première mousquetade huguenote et, après une demie heure d'escarmouche légère, il falut venir mettre ordre à toutes les fonctions du siège. Ce qu'il fit comme il pouvoit, avant la venue du peu de forces qu'il hasta de la Rochelle en hors ; n'y aiant lors d'estrangers en troupe que deux cents hommes du régimen de Bregion et cent cinquante que le comte de Marennes3 et le baron de Saint-Savin a voient tiré de leurs terres pour y mener.
Les catholiques réfugiez de Saint-Jean aians reporté la foiblesse des assiégez, Auriac qui, le jour auparavant, avoit esté veu et convié à l'escarmouche par quelque cavalerie et infanterie de la ville, sans vouloir sortir, parut entre les dix et onze heures du matin par le haut qui affronte la courtine de Matha en ordre de deux bataillons et de deux gros de cavalerie. Aussitôt ceux de dedans jettèrent Bregion à la garde d'une barricade faite à l'entrée du faubourg et Verdonnière à une autre,
1. Ouvrage de fortification placé devant une courtine pour protéger les flancs d'un bastion.
2. Le partage de la fortification entre l'assaillant et l'assiégé.
3. François Martel, seigneur de Lindebœuf, comte de Marennes, du chef de sa mère, Anne de Pons, dame de Marennes.
à l'entrée de celui de Matha. Auriac, après avoit fait pause de demie heure, tire des dernières files de ses deux bataillons quelque six cens hommes, qui sans grande façon donnent à Verdonnière, lequel ne put obtenir de ses compagnons que le premier salve, si bien que tout le faux bourg ruiné estant abandonné fut incontinent saisi par les catholiques, puis quitté ; quand leur chef voulut faire sa retraite, laquelle fut de bonne grâce et sous la fumée d'un salve que les mousquetaires firent au bastion de Matha, d'où l'on tiroit mesme avec deux pièces à une troupe avancée qui favorisoit Auriac à la reconnaissance du quartier de Bregion, que la bonne mine garantit d'estre attaqué.
Ces choses déjà passées, arrivèrent à Saint-Jean le baron de Na vailles1 et Freton2, qui, outre la valeur de leurs personnes, estoient membres de l'assemblée générale. Le lendemain Fontaine3, Saint-Eguillin, Saint- Michel, les capitaines La Veuve et La Place : le tout foisant entrer dans la place [quatre-vingts] cent cinquante soldats.
Deux jours après, qui fut le 30 de..., ceux de Saint- Julien filèrent le long de la rivière et se présentèrent à la teste du faux bourg de Matha, cavalerie et infanterie. Les assiegeans ne parlèrent aux gens de cheval qu'à coups de canon, mais entretindrent les gens de pied d'une escarmouche de deux heures, quelques gentilshommes prenans le mousquet et accompagnans le