‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 70 sur 224 · Barbaste, à une demi-lieue de Lavardac · texte numérisé non relu

Barbaste, à une demi-lieue de Lavardac

5. Le personnage nommé Hamarinx par Vignoles, que d'Aubigné suit ici, est Jean de Grossolles, baron de Flamarens et de Montastruc, seigneur de Buzet, mestre de camp d'un régiment d'infanterie. Voir Mémoires de Vignoles, éd. Tamizey de Larroque, p. 39.

6. Raymond-François de Montesquiou, seigneur de Xaintrailles, fils d'Amanieu de Montesquiou.

7. Cf. Mémoires de Vignoles : « Le duc de Mayenne vient à Marmande, où il distribue les commissions de six régiments et six compagnies de chevaux-légers que le Roi lui avoit ordonné, convie les maréchaux de Roquelaure et d'Aubeterre, les seigneurs de Gascogne et la noblesse de tous côtés. Vignolles, cependant, donne rendez-vous aux troupes de pied et de cheval qui lui estoient restées, prend Laverdac et les tours de Barbaste, où il employa l'industrie de Hamarinx et de Xaintrailles, gentilshommes de service et intelligence en leur voisinage. Du même jour Nérac fut investi. »

8. Jean de Fa vas, vicomte de Gastets, avait alors vingt-deux ans,

filz de Favas, avoit esté choisi pour gouverneur du lieu. Mompouillan1, filz de La Force, s'y enferma avec lui, et, pour ne perdre l'occasion, y voulut estre son soldat2.

Ici la garnison3.

Le duc du Maine, arrivé presque aussi tôt que les premiers, presse la besougne avec une impatience desraisonnée; et le lendemain du premier soir, seul avec le maréchal de camp, alla reconnaître la situation, ses aproches, ses batteries. Arriva que, revenant de ceste reconnoissance, et Vignoles estant aie faire loger un capitaine à une petite maison prez la contrescarpe, qui avoit eschappé le feu, le duc aperçeut trois gendarmes qui sortoient de la ville et cherchoient, ce sembloit, à donner le coup de pistolet; la chaleur l'emporte, il part de la main pour les affronter, en pourpoint, sur un coureur : les deux laissent avancer le tiers qui brûle le pourpoint de son pistolet sans le blesser, et le duc lui appuyé le sien qui ne se trouva ni amorcé, ni bandé, ni chargé, quelques-uns ont dit que le chien n'estoit pas abattu. Il fut secouru de quelques-uns des siens avec lesquels il poussa bien prez de la porte, d'où ceux de la ville, sortis, ramenèrent le duc si viste que les meilleurs eussent payé l'hoste sans l'arrivée de Vignoles avec trente gen-

1. Jean de Cauraont, marquis de Montpouillan, sixième fils de Jacques Nompar de Caumont La Force.

2. Cf. Mémoires de Vignoles : « Le jeune vicomte de Castets, fils de Favas, y demeura gouverneur, et Montpouillan, fils du sieur de la Force, s'y enferma avec lui et y voulut être son soldat. »

3. L'effectif de la garnison manque dans les Mémoires de Vignoles.

tilshommes et quelque infanterie qui demesla la noise ' .

L'apresdisnée l'on fait les aproches pour attaquer un bastion qui couvroit la porte du Mercadiou?. Celle de main droite fut donné à Picardie, celle de gauche à Piémont, qui tous deux se logèrent avec peu de péril où on leur avoit commandé. Il est à remarquer que ce siège fut commencé et continué plus de dix-sept jours3, avec grande disproportion de l'infanterie du dehors à celle du dedans, et pour ceste raison les assiegeans avançoient moins, pour ce qu'il le faloit faire en se fortifiant.

Le duc fut assisté prontement et à propos de 500 hommes de pied, levez dans sa duché d'Aiguillon4, d'où il tira aussi quatre canons de baterie. Le mareschal de Roquelaure mena d'Agen deux couleuvrines et quelques compagnies volontaires, et lors se commencea une très mauvaise baterie dénuée de canonniers, de baies,, de poudres, et de toutes choses nécessaires à l'attirail5. Nous avons autrefois appelé tel équipage à la huguenote. Ces troupes d'Aiguillon firent un fort sur la main droite, où elles furent logées pour oster les dehors aux assiégez.

De l'autre costé de la rivière eut son quartier le

1. Cette anecdote est transcrite des Mémoires de Vignoles presque textuellement.

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