De Savignac d'Ainesse
que le Roi soit obey, et l'autre, en lui tirant le pistolet, avoit répondu : ce sera Dieu.
Ceux de la ville refusèrent le soir l'entrée à Savignac et le lendemain donnèrent à Théobon le corps de son beau-père pour l'emporter à Sainte-Foy. L'occasion nous a porté jusques-là. Il nous faudra rétrograder vers Dordongne pour rendre conte de ce qui est à dire durant le siège de Montauban.]
Nous1 n'avons qu'un discours de mesme façon à vous faire pour les redditions de Casteljaloux, Monheurt, Mont-de-Marsan, Tartas et Millau2, car ce que les autres disent que ces villes se résolurent à leur devoir par la fidélité qu'ils gardèrent au Roi, on disoit d'ailleurs, plus simplement et plus véritablement, que la foiblesse de leurs murailles ou de leurs cœurs les mena à la défection et à la soumission, et que leurs gouverneurs et voisins qui estoient ployez à telle chose aimoient mieux vendre avec profit que défendre avec périll.
Le Roi, estant arrivé à Coutras3, receut plusieurs de ses marchants et entre autres Boisse, qui frappa le plus grand coup à la ruine des siens.
Quant aux places du duc de Bouillon4, comme Cas-
1. En titre : « Défection de plusieurs places de Dordongne et Garonne au passage du Roi. Siège et reddition de Clairac. » Ce titre, ainsi que le numéro d'ordre du chapitre, sont biffés sur le manuscrit.