‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 103 sur 317 · UVRE QUATORZIÈME, GHAP. XX · texte numérisé non relu

UVRE QUATORZIÈME, GHAP. XX

taines de l'altaque, voyans que tout estoit bieu préparé à les recevoir, prennent la main des guides, qui les devoyent mener, les r'asseurèrent, les font resouvenir de la leçon qu'ils avoyent prise sur le plan, et puis, ayans fait une courte prière à Dieu, marchent au pas, chascun à son département. Voilà la place toute en feu ; chascun prend le lieu désigné, horsmis ce qui tomba par terre; ceux qui devoyent donner Falarme firent leur charge bien chaudement; les pétards jouèrent, où quant et quant se présenta nombre de picquiers. Mais le principal effect fut par les eschelles, desquelles quatre, estans renversées par terre, furent aussi tost replantées. En mesme temps tout vient aux mains sur le bord du parapet. Quelque désavantage que receussent ceux qui combatoyent dans une tenaille, tant des bastions que des guérites avancées, quelques pistolets firent donner du nez à terre aux défendeurs. Sur les corps desquels mirent le genouil et puis le pied les plus habiles à succéder (ayez ici regret. Dauphinois, de ne m'avoir donné le nom des premiers). Ceux-là, poussez par les seconds et les tiers, gagnent le dessus, font corps de dix ou douze, à Tombre desquels la foule entra. Et ceux de dedans, à dix pas de la courtine, se r'allient près de deux cents, desquels en fut tué la moitié et le reste, mené battant jusques au terrin de l'autre costé, le sauta. C'est chose hors d'aparence que d'un combat où tout estoit tant préparé il n'en soit mort qu'un sergent et un ou deux soldats, qu'il n'y ait eu de blessez que Le Bisson^ et quatre autres. De sept

i. Le 8. du Buisson fut blessé à la mâchoire d'un coup de pistolet.

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^Irapeaux qu'il y avoit, cinq furent envoyez au roi, les autres deux perdus; le gouverneur^, quelques gentilshommes et soldats de marque prisonniers. On y trouva six canons, trois moyennes, deux cents quintaux de poudre et abondamment de toute autres sortes de munitions^.

Les forces royales prennent haleine pour porter leur gayeté au delà des bornes de France, et nous la prenons aussi, pour vous faire voir au chapitre suivant combien vaudroyent les François, si, au lieu d'estre employez contre soi-mesnoie, ils l'estoyent sous de bons capitaines contre Festranger.

GHAPrrRB XXI.

De ce que fit V armée royale^ de là les monts.

Quand le duc d'Espernon se mit à travailler heureusement en la Provence, Lesdiguières et Âlfonce Corse ^ approchèrent leurs forces de Lion, et, les affaires du duc de Nemours estans allées comme nous avons fait voir, les troupes demeurèrent quelque temps sans estre sur pieds, mais elles furent préparées à la mi-aoust de Tannée 1597^ pour marcher

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