Orbassan, non loin de Briqueras
1597] LIVRE QUÀTORZièME, GHÂP. XXI. 169
estans foibles, seuls se rendirent à discrétion. Mais BriquemautS ne voulant point user de la rigueur des termes, pour n'e&uroucher pas le pays (ce qui eust accourci les vivres), il fit conduire les estrangers jusques à veuë de Rivalte et ne fit que repaistre deux heures sans piller.
L'artillerie de Lesdiguières estoit lors à Eschiles', conquise auparavant et qui estoit comme frontière vers Suze. Et fut chose merveilleuse comment de ce lieu on put faire gagner le canon jusques à la Pérouse, car, les chevaux ne pouvans prendre pied, il falut faire cette maneuvre tvec les bras des hommes. Et là, ce chef fit servir à propos Tintérest du peuple, car chas^ue paroisse faisoit des efforts merveilleux pour se délivrer du train de ces machines et les mettre dans la borne de leurs voisins. Gela dura jusques au treiziesme jour que trois canons de basse batterie et deux de haute arrivèrent dans Briqueras. L'armée receut joye et le pays efiGroi, quand une volée de canonnade, entendue jusqu'à Turin, apprit au pays que l'artillerie, aux armes de la France, se promenoit. Le lendemain, on eut nouvelle tout à la fois que l'Altesse, avec son armée, campoit autour de Yillefranche^, que Gouvemet* et autres avoyent passé les
1. Le 6. de Noyan-Briquemaut, porté dans Tétat de la maison dn roi de Navarre, pour Tannée 1585, comme gentilhomme de la chambre, de service pendant le quartier de juillet {Lettres de Henri IV, t. H, p. 328, en note).
2. Exilles, situé sur le cours supérieur de la Dora-Riparia, en Italie.