‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 150 sur 317 · LIVRE QUÀTORZIÈIIE, GHAP. XXY. SI · texte numérisé non relu

LIVRE QUÀTORZIÈIIE, GHAP. XXY. SI

Ferrhat essayer s'il seroit mieux en la place de Sinan, qui emmena avec soi à Gonstantinople nombre de prisonniers pour envoyer les plus vigoureux aux galères et donner spectacle au peuple des autres par une estrange mort. C'est qu'il les faisoit jetter sur des pieux ferrez, et, sans autre aide à la mort, languir en cet estât tant qu'ils pouvoyent. Gomme on en despouilloit un pour estre jette, il se trouva une fille à laquelle on demanda si elle ne servoit point selon son 'sexe à quelque soldat. Elle respondit que ce sexe n'avoit esté cognu d'homme vivant à l'armée et qu'elle ne s'estoit déguisée que pour venger la mort des siens. On demande à ses compagnons mourans ce qui en esloit ; ils le jurèrent ainsi et dirent choses notables du courage de cette fille. Sultan Mahomet la voulut voir, fit préparer des fottets pour voir ce qu'elle diroit. Elle demanda la mort et dit à l'empereur que, depuis qu'elle avoit tiré solde, elle n'avoit fait action que de soldat et qu'elle avoit desjà vengé la mort des siens par celle de dix Turcs qu'elle avoit tuez de sa main en combat. Mahomet la fit vestir richement, promener par Gonstantinople et puis la donna à la sultane pour un agréable présent.

Après que Mahomet eut passé sa cholère sur les du*estiens de son obéïssance, lesquels il banissoit des principaux lieux, Ferrhat faisant sa monstre devant Gonstantinople de cent soixante mille hommes de guerre et de trente-trois canons, nouvelles vindrent conunent les Glires, assistez des pastres de Bulgarie, avoyent pris la ville de Sofie^, à sept lieues de Gons-

1. La Tille de Sophie fat saccagée par 2,000 Heiducs ou Rasciens en 1595.

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tantinople, et, Tayant pillée, 8'estoyent retirez aux montagnes. Au premier campement de Ferrfaat, pour mauvais oonmiencement de son emploi, on lui coupa les cordes de ses lentes, on encloûa son artillerie pour faire connoistre conunent les gens de guerre ne Tavoyent pas à coeur. Quelques-uns en soupçonnoyent le badia Sigale, son envieux, les autr^ les janissaires, voulans contraindre l'empereur ^ de mener lui-mesmes ses armées et estre spectateur de leur vertu. Mais plus ouvertement parut son ennemi Sinan, qui Faccusa de la perte de Simile^, sur le fleuve Nester, de Teynie et enfin de Nipolis^. Hais Ferrhat avoit bien plus à dire contre Tautre, conome des pertes que nous avons spécifiées, où les défauts du cïief paroissoyent bien plus à clair, et, partant, se fiant en la vérité de ses accusations, ne les appuyoit point de faveurs nécessaires conune l'autre, qui, rusé courtisan, accabla ce soldat par entremises des juges corrompus, des concubines et sur tous des talismans et prestres de toutes sortes. Et, ainsi assisté, il fit estrangler Ferrhat^ et demeura seul grand vizir de TEmpire. Ce fut lors que les garnisons de Lippe et de Genne^

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