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Chapitre VI

Petites guerres de Poictou. Reddition de Paietiers et autres places.

Quand on pensoit avoir guéri le Poictou d'une de

i. Le 20 juillet 1594, Lignerac sortit de Laon pour traiter de la paix.

2. SoumiBsion de Laon à Henri IV, 2 août i594 (Lettres de Henri IV, t. IV, p. 198). Claude de TIsle-Marivaux en fut nommé gouverneur (De Tbou, liv. GXI). L*acte de capitulation accordé par le roi à la ville de Laon est contervé en copie du temps dans le f. fr., vol. 3990, f. 422.

ses roognes, il en renaissoit deux autres. La Grenache estoit tenu par Sévrie, par les menées duquel furent saisies plusieurs bicoques de peu de réputation. Entre autres^ il mit son sergent-major avec une compagnie du pays et quelques chevaux-légers espagnols et italiens dans le VignauS aussitost assiégé par La Boulaye. Quelques-uns de ceux qui s*estoyent sauvez de la boucherie, reconnoissans aux aproches la voix du mareschai de camp et n'espérans aucune merci , un capitaine Chesne^ et un autre, armez et montez, percèrent tous les corps de garde, et puis, suivis de deux gentilshoaunes en pourpoint et non plus, furent tous deux tuez. La Tour, sergent-major, espérant qu'on passeroit la colère sur les estrangers, composa et signa la capitulation, à la charge que le tiers seroit pendu. Lui passa le premier et vingt de ses compagnons du pals, les estrangers congédiez.

De là à quelque temps, Sévrie, allant à la guerre avec deux cents chevaux et cinq cents harquebusiers, rencontra La Boulaye un peu moins fort de cavalerie et n'ayant aucuns hommes de pied. Ces troupes s'estans marchandées quelque temps, enfin Sévrie s'avance et fit charger par la moitié des siens la première troupe qui se présentoit à eux ; c'estoyent quelques hommes bien montez du Publiar, conduits par La Vernière^ et Pousaire, tous en pourpoint, ausquels s'es-

i. Probablement le Vigean (Vienne).

2. Le s. du Ghesne est mentionné dans une lettre de Henri IV au duc de Nevers, datée du 3 octobre 1591 {Lettres de Henri IV, t. m, p. 492).

3. Le 8. de la Verrière, cousin germain du cardinal de Gondi, cité dans les Lsitret de H&nH IV (t. lU, p. 587).

1595] UVRfi QUATORZiàllE, GHÀP. YI. 37

toieDt adjoints Lardière^ et Roussière-Turcot* et quelques volontaires avec eux. Ceux-ci soustiennent le premier choc, qui estoit de la cavalerie de Machecou', et Sévrie y engagea encor le reste, qui, pour cela s'estant rompu, ne pût soustenir la charge de La Boulaye, prit le désordre et puis la fuite. Bien prit aux gens de pied de Sévrie que le combat se passa à Torée d'un grand bois, car ils en prirent le travers et les plus paresseux y demeurèrent, et La Boulaye s*en retourna maistre de la campagne, qui mourut peu de jours après, regretté en son pays, et tellement aimé que par quatre fois il a fait passer les rivières à cent vingt maistres poitevins.

Encor que le siège de la Flosselière fust après ce que nous avons à dire de Poictiers, j'en veux dépescher le bas Poictou. La garnison estoit de quatre-vingts hommes, qui, ayant donné peine de faire les aproches quatre jours, composèrent et laissèrent libre le pays.

Hormis des courses que faisoyent ceux de Rochefort, peu de temps auparavant assiégé par le prince de Gonti, assisté d'Anvile, Mommoranci, Rochepot, Sainct-Luc, les gouverneurs de Poictou, plusieurs compagnies de gens d'armes, les régimens de Bois- Guénn^, Sainct-Georges^ et quatre autres, tout cela

i. Le s. de la Lardière, serviteur fidèle du roi de Navarre, souvent cité dans les Letlres de Henri IV (t. VUI, passim).

2. Pierre Durcot, s. de la Boussière, gentilhomme d'Auvergne, gentilhomme ordinaire de la chambre da roi, gouverneur de Royan en 1620.

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