‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 197 sur 317 · LIVRE QUÀTORZiilfE, OHAP. XXYin. S · texte numérisé non relu

LIVRE QUÀTORZiilfE, OHAP. XXYin. S

présent de son chapeau et de son habit rouge, qu'il déposa sur l'autel; et là il déclara qu'il résigooit son ardievesché de Tolède et Testât de chef de l'inquisition, qui accompagne tousjours cet archevesché, réservant pourtant dessus cinquante mille ducats de pension, de trois cent mille qu'elle vaut. Gela fait, il prépare son voyage d'Espagne, nomme pour commander, en son absence, le cardinal André, son cousin, commet sur l'armée l'amiral d'Aragon et lui donne le comte Herman pour mareschal de camp. Il eut pour compagnie, à son voyage, le prince d'Orange, les comtes de Barlémont et de Sores, la comtesse de Mansfeld et autres seigneurs et dames du pays, et puis prit à Grats Maximiliâne^, fille deGharlesd'Austriche^, frère de l'empereur', fiancée du prince Philippes d'Espagne^.

Est à noter que le roi Philipes et Charles avoyent espousé chascun leur niepce^ et que de ces deux mariages sortoyent Philipes et Haximiliane, outre cela cousins germains.

L'archiduc et le prince d'Orange escrivirent lettres

1. Grégoire-Maximilienne, fille de Charles II d'Autriche et de Marie, fille d'Albert H, duc de Bavière, née en 1581, morte en 1586.

2. Charles II d'Autriche, fils de Ferdinand I<r, empereur, né en 1540, mort le 3 août 1590.

3. Maximilien n, empereur, fils de Ferdinand I«, né en 1527, élu roi des Romains en 1562, mort le 12 octobre 1576.

4. Philippe III, fils de Philippe II, roi d'Espagne, épousa, en 1599, Marguerite d'Autriche, fille de Charles, archiduc de Gratz, morte en 1611.

5. Anne, fille de Maximilien n et de Marie, sœur de Philippe II, avait épousé le frère de sa mère, en 1570, et Charles d'Autriche avait également épousé Marie, fille de sa sœur Anne et d'Albert, duc de Bavière.

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aux Estats d*HoIande pour les faire partidpans de cette rare béoédîction, et de tous costez on leur par^ loit d'une nouvelle félicité pour le pays ; et cela tant démené que la roine d'Angleterre en eut jalousie, et en escrivit pour estre asseurée» et les esprits se confioyent de cette douceur. Quelques-uns corrompus pour y pousser les autres, quand on apporta des lettres, surprises en France, par lesquelles le roi Philippes donnoit bien d'autres instructions que de la paix; c'estoit les préparatifs d'une armée entre les mains de l'amirant, de laquelle vous verrez les effects au livre suivant. Par ce moyen, les Estats virent venir à eux toutes inventions espagnoles, les promesses générales d'une félicité nouvelle, les flatteries particulières au prince Maurice, par lesquelles le roi d'Espagne disoit que la vertu du prince, lui ayant été nuisible, ne laissoit pas de lui estre en admiration, que telle estime passoit en amitié, que c'estoit sa prudence de tirer profit de ce qui le ruinoit, en faisant d'ennemi ami le plus grand capitaine de la cbrestienté, que s'ils s'acommodoyent, il se faisoit fort de rendre le prince généralissime des armes chrestienes contre les Turcs. Ce dernier poinct estoit dit de meilleure foi qu'aucun, car il eust bien désiré son ennemi en Hongrie, bien engagé. Toutes ces choses, avec les promesses aux particuliers, eschauffoyent quelquesuns par leur apparence, d'autres par leur infidélité.

Or, comme les conseils de plusieurs testes ont cet avantage qu'ils sont difficiles à tromper, pource que trop d'yeux et d'oreilles concertent un mesme poinct, aussi ont-ils le désavantage de ne pouvoir tromper, à cause que le secret, non plus que la diligence, n'est

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