‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 203 sur 317 · Var. de l'édit. de 4620 : c Affaires des réformez, i · texte numérisé non relu

Var. de l'édit. de 4620 : c Affaires des réformez, i

2. L'assemblée des réformés, à Saumur, s'ouvrit le 22 février 4595 (Hist, des assemblées polit, des réf. de France, par Anquez, p. 68).

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diangement de tresve en paix et remonstrer que, durant les services notables des réformez, qui portoyent» par toutes les parts du royaume, les plus grands fardeaux de la guerre, il n'estoit pas raisonnable que, sous le règne d'Henri IV, on leur refusast la paix et les mesmes conditions accordées neuf fois par les rois, leurs persécuteurs, que par la trefve, de laquelle le nom |seul faisoit présupposer, non seulement distinction à leur désavantage, mais encores inimitié et hostilité. Ils entroyent en une juste crainte que, travaillans pour ceux qui leur refusoyent la paix et qui diérissoyent le tiltre d'ennemi, ils les aprouvassent tels bien tost par effects.

Ces choses remonstrées au roi, il protestoiten secret de sa bonne volonté, et, en parlant à ceux qu'on lui envoyoit, usoit du terme de NOS ÉGLISES. Et, comme telles négociations commencèrent dès un an après son changement, tant que son affermissement Ait douteux, il mettoit ses craintes pour excuses. Mais, estant affermi et perdant peu à peu le goust des réformez, il coucha de sa force pour menaces, et commença pourtant à traiter, asseurant les catholiques que la paix des réformez seroit la dernière de toutes.

Le chef de la Ligue, ayant fait la sienne, fut un des plus équitables conseillers pour l'avancement des traittez; ce fut lui qui, dans le conseil, s'opposa à ceux qui traittoyent indignement la réputation des réformez, qui blasma le refus de la paix à ceux ausquels il attribuoit la mine de son parti. Le roi ne fut pas marri d'avoir un autheur de telles qualitez pour la pacification qu'en eSect il désiroit. Et lors, par sa

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permission, fut convoquée pour traiter à bon escient rassemblée, qui, deux ans entiers, se vid preniièrement à Ghastelleraut, à Vandosme^ à Saumur^, et puis acheva la paix à Ghastelleraut^. Ce fut à Vandosme qu^elle receut les premiers députez du roi, Vic^, conseiller d'Estat, et Galignon^, duquel nous avons parlé ci-devant, lors chancelier de Navarre. Vie fit une harangue à Touverture, admirée par les réformez pour une excellente construction de belles paroles, qui mesnageoyent les promesses et menaces, Tespoir et les craintes d'un artifice nompareil. Les choses ne firent que commencer en ce lieu, d'où quelque épidémie chassa la compagnie à Loudun^, et d'où on partit encores pour la commodité

1. L'asBomblée des protestants, à Vendôme, eut lieu vers la fin du mois d'octobre 4596 (Anquex, p. 71).

2. L'assemblée des protestants se transporta de Vendôme à Saumur le 5 mars 1597 (Anquez, p. 72).

3. L'assemblée de Gb&tellerault s'ouvrit le 16 juin 1597 (Anquez, p. 73). Elle formula des demandes, des plaintes, des réclamations nombreuses justifiées par l'éclat des services que le parti réformé avait rendus au Béarnais, dont le cahier est conservé en copie, datée du 6 décembre 1597, dans les V« de Cioibert, vol. 178. Le roi y répondit le 7 février 1598. Cette réponse est conservée dans le fonds français, vol. 4047, f. 302 (copie). On peut comparer le récit de VHist. univ,, touchant l'assemblée de Ghàtellerauit, avec celui des Mémoires ou Journal de ma vie de d'Aubigné (édit. La* lanne, 1854, p. 96 et 106).

4. Méry de Vie, conseiller d'État, souvent cité dans les Lettres deHenHlV.

5. Geofroi de Galignon, chancelier de Navarre, natif de Grenoble, mort en 1606. M. le comte Douglas a publié en 1874 la Vie et poésies de Soffrey de Calignon, Grenoble, 1874, in-4o, savant ouvrage qui fait connaître un des plus fidèles serviteurs de Henri IV.

6. Vie et Galignon se présentèrent à l'assemblée de Loudun le

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des députez du roi venus à Saumur; c'estoit Ghomberg*, le président de Thou^, le secrétaire Villeroi^, qui ne s'y attacboyent pas tousjours, et puis le chancelier Galignon.

Je veux laisser à la mémoire une marque de fidèle partisan en la personne du duc de Thouars^, autrement de La Trimouille, choisi avec Le Plessis^, le ministre Ghamier^ et moi, pour contester sur le tapis les matières qui n'eussent peu, sans trop de con^sion, estre digérées par le corps de l'assemblée, qui estoit lors de soixante-dix testes et quelquefois de quatre-vingts. Le comte de Ghomberg et le président de Thou, estans arrivez les premiers, en attendant les autres deux, prièrent La Trimouille de faire un

22 juillet 1596. On conserve dans le fonds français (vol. 3463, f. 60) l'instruction que le roi leur donna en les envoyant à Loudun.

1. Gaspard de Schomberg, second fils de Wolfgang de Schomberg, naturalisé français en 1570, conseiller d'État, et, en 1594, comte de Nanteuil, mort le 17 mars 1599 (Lettres 4^ Henri IV, t. n, p. 423, en note).

2. Jacques -Auguste de Thou, le plus grand des historiens français.

3. D'Aubigné oublie les s. d'Émery et de Vie. On conserve dans le fonds français l'instruction que le roi leur donna lors de leur premier voyage à Ghâtellerault, en date du 19 juillet 1597 (f. fr., vol. 4047, f. 272), et celle qu'ils reçurent lors de leur second voyage, 6 décembre 1597 (ibid., f. 289).

4. Claude, seigneur de la Trémoille, duc de Thonars, né en 1566, fils de Louis de la Trémoille et de Jeanne de Montmorency, fille du connétable, mort le 25 octobre 1604.

5. Du Plessis-Momay. Les Mémoires de la dame de Momay s'étendent longuement sur ces assemblées des églises protestantes.

6. Daniel Ghamier, contre versiste protestant, professeur de théologie à l'Académie de Montauban, tué au siège de cette ville le 17 octobre 1621. M. Gharles Read a publié en 1858 le Journal du voyage de Charnier à la cour, en 1607.

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tour d'allée avec eux, et le président, prenant la parole, dit ainsi ^ :

c Vous avez trop de jugement pour ne connoistre bien que, au poinct où les affaires sont et aux choses que nous vous avons concédées, que ce que vous pouvez désirer ne soit à son plus haut degré, et, si on ne recule plustost de vos demandes que d'avancer à vostre faveur, tenez-nous pour gens sans honneur. Donnez quelque foi aux personnes qui vous afferment cela. M. de Ghomberg est luthérien et pas trop esloigné d'un bon huguenot. Pour moi vous connoissez mon âme et vous pouvez avoir seu comment, il y a deux cents ans, que les pupiles de la Trimouille ont eu ceux de Thou pour curateurs. Ne recevez point ce que nous voulons jetter en vostre sein comme d'ennemis. Le roi a seu que vous aviez envoyé quénr vostre cousin, le duc de Bouillon, pour la confection de la paix, et que, par déférence et bon naturel, vous lui quittiez le fruict de vostre labeur de deux ans. Nous ne voulons point vous celer que le roi ne soit irrité contre l'un et l'autre; mais il y met quelque différence, pour laquelle il choisit de vous savoir le gré de ce qui se passe ; et encor souvenez-vous que vos concessions diminueront sous la gestion de ceux que vous cerchez. Arrestons les affaires en l'assiette où elles sont, et voici l'offre que nous avons à vous faire : c'est que vous choisissiez, entre vos confidens, dix mestres de camp et deux mareschaux de camp. Le roi donnera aux premiers mille escus à chacun.

i. Ge discours, que d'Aubigné prête au présideut de Thou, est de sa composition.

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aux autres trois mille escus de pension, payables par vos mains, et à vous le reste de cent mille francs, à quoi se monte Timpost de Gharante, qui se paye sous vostre chasteau de Taillebourg. Et afin que vous n'ayez à courtiser personne, on vous donnera un acquit patent de Timpost pour trente ans. En voyant la grandeur de Foffre, voyez-en la facilité et la seureté, et dites qu'outre ce qui vous touche, ce coup est plus avantageux pour vostre parti que dix bonnes places de seureté. >

La responce fïit :

c Messieurs, je vous excuse, qui venez de travailler pour esteindre la Ligue, et, ayans trouvé un parti enflé d'intérests particuliers, ne l'avez plustost piqué au lieu plus sensible que vous l'avez réduit à néant. Pour vous monstrer qu'il n'y a rien de tel parmi nous, quand vous me donneriez la moitié du royaume, refusans à ces pauvres gens, qui sont à la salle, ce qui leur est nécessaire pour servir Dieu librement et seurement, vous n'auriez rien avancé; mais donnezleur ces choses justes et nécessaires, et que le roi me face pendre à la porte de l'assemblée; vous aurez adievé, et nul ne s'esmouvra. > Le président, conmie nous allions à la séance, me fit ce conte, en demandant si nous avions beaucoup de tels huguenots.

Telle estoit lors l'affection partisane, et puis, quand Amiens fust pris, il n'y eut pas faute de gens, irritez du refus de la paix, qui conseillèrent de trier les armes des réformez d'avec ceux qui la refusoyent. Quelques-uns forent d'avis de se loger à Tours et d'y faire avancer trois mille cinq cens hommes de pied qui s'avottoyent à la TrimouiUe. Ceux-là alléguoyent

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qu'une requeste envoyée d'une si bonne ville trouveroit que le daté est efficadeux^ Mais le plus de voix et les plus saines réduisirent les autres à la patience, et falut aller poursuivre et achever le traité à Ghastelleraut, où le duc de Bouillon se rendit, demeurans les gens de pied que nous avons spédfiez dans le Poictou.

Les traittez furent^ encores retardez durant le si^e d'Amiens, pour ce que le duc de Hercoeur, ayant receu des espérances nouvelles sur la diversion des affaires du roi, esloigna l'accord qu'il avoit commencé. Et la paix des réformez estant condamnée de marcher après la dernière des liguez, le traité de Ghastelleraut en esprouva quelque refroidissement. Et lorsque le roi, ayant pris Amiens, marcha pour Bretagne, comme le dernier livre vous a fait voir, lors les députez' des réformez eurent une crainte que le roi, par un caprice, portast à l'improviste sa personne à Ghastelleraut; et en leur assemblée, il n'est pas à croire Tapréhension qu'ils en prindrent. Et ceux du roi eurent charge de presser les matières et condurent à la paix, telle que vous la verrez à la fin du livre et du tome. Mais encor falut-il aller cercher l'agréation^ du roi, lors à Nantes, triomphant et se voyant sans enne-

1. Cette phrase est ainsi présentée dans les deux éditions de

d'Aubigné. Nous Tinterprétons ainsi : qu'une requête, datée

de Tours, serait d'autant plus efiQcace qu'elle serait datée d'une ville où les réformés pouvaient faire avancer les 3,500 hommes de pied de la Trémoille.

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