Pierre le Cornu, s. du Plessis-le-Gosme
4. Édit de Nantes, 13 avril 1598. Voyez le chap. xx de ce livre.
1598] LIYRJE QUINZIÈHE, GHÂP. U. S93
Je me suis abstenu de faire voir les divers intérests que plusieurs, et des plus apparens, prindrent en ce traité, et selon lesquels on ouït les blasmes des personnes notables. N*estans point utiles au lecteur, je me contente de vous dire que le roi, quittant sa part du parti, ne l'avoit pas quitté des intelligences qu'il s'estoit réservées dedans. Là parurent plus qu'auparavant les corruptions de ceux qui espéroyent à la cour ou qui avoyent à craindre de la cour. Tous, pourtant, se joignirent aux choses principales, et, s'il faut en dire franchement, la frugalité et Tespargne du roi empeschèrent que pour lors les divisions qui se sont veuës depuis ne parurent pas. De cette assemblée sortit un livret de plaintes notables, qui se peut lire au sixiesme volume des Mémoires de la Ligue^ page 463^.
La cour de parlement, contre toute espérance, refusa d'émologuer Tédicl, la pluralité offusquant en cela les sénateurs, qui avoyent à Tours et ailleurs senti le soulagement que leur avoyent porté les réformez, comme nous avons touché. Le parlement vint donc en corps et en fit au roi des remonstrances pleines d'aigreur, sur tout pour ne recevoir point les collègues que l'édict leur présentoit. Le roi leur respondit avec menaces, principalement contre les prescheurs séditieux qui les faisoyent discorder à sa volonté. Et puis, ayant esté doucement repris des séditions parisienes et des jugemens qui pourroyent venir de Rome, il respondit au premier poinct en ces termes : c Je ferai acourcir ceux qui s'eslèveront contre moi ; j'ai sauté des murailles, je franchirai bien les barricades. » Et
1. Dans rédition de 1758 des Mémoires de la Ligue, ce recueil de plaintes des églises réformées commence à la page 418.
294 HISTOIRE UmVERSBLLB. [1598
au second poinct : c Ne m'aléguez pas le respect du Saioct-Siège; je le voi de plus près que vous, comme fils aisné de TÉglise ; en cette qualité, ceux qui pensent estre bien avec le pape s'abusent. Et tous <^ tonnerres, desquels on me menace, j'empescherai bien qu'ils ne viennent en orages ; ce sont nuages qui ne produiront que du vent. >