Philippe Ganaye, seigneur de Fresne
3. Philippe Ganaye a laissé trois volumes in-fol., intitulés : Lettres et ambassades, sur ses négociations à Venise et dans d'autres parties de lltalie, pendant le règne de Henri IV.
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le roi, lui dire comment il avoit fait une curieuse petcpiisition des affaires et personnes des réformez, que, si on vouloit lui ajoqster foi, il mettroit ce parti à néant. Entre les autres moyens, il alléguoit la fiicilité de cor^ rompre presque tous les hommes de bonne maison, si on lui vouloit mettre entre les mains une sonmie moindre que son bien, qui en respondroit. Qu'ayant destitué la populace de tous leurs hommes de marque, la confusion et le désordre mettoyent bien tost à rien tout le reste du parti. La response du roi, pour laquelle j'ai escrit ces choses, fut : c Monsieur le président, vous vous y prenez d'un mauvais moyen. La ressource des réformez après les massacres et quand tous leurs princes et seigneurs estoyent devant la Rochelle, les glorieux traittez que ces gens-là présentèrent au premier article de paix et les avantages que je leur ai fait perdre en faveur de la couronne, toutes ces choses m'ont apris que, s'il n'y avoit plus de gens de bonne maison parmi eux, il y en faudroit envoyer. »
Et, toutesfois, il n'observa pas cela en la personne du petit prince de Gondé^, lequel il envoya quérir enfant pour le faire nourrir à ses pieds, non sans murmure des réformez ; aux principaux desquels il fit connoistre que ses maladies, qui rendoyent beaucoup de choses incertaines, lui faisoyent approcher, pour le bien du royaume et d'eux-mesmes, son successeur.
Le roi acheva l'année à poUr le royaume de tous les édicts qui confirmoyent la paix, soit pour la justice, soit pour les finances, lesquelles il mit es mains
1. Henri n de Bourbon, prince de Ciondé, fils de Henri I« de Bourbon, prince de Cîondé, né le i*' septembre 1588, mort le 26 déc. 1646.
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du marquis de Rosni, depuis duc de Suilli, pouroe qu'il trouvoit eu lui un esprit fort général et laborieux et une austérité naturelle qui, mesprisant les bonnes grâces de tous, portoit Fenvie des refus, et par là fit la bourse du roi. Â quoi le naturel du maistre tenoit bien sa partie, conune estant eschars^ en toutes choses, hormis ce qui regardoit la duchesse de Beaufort ^ ; non pas qu'elle n'usast très modestement du pouvoir qu'elle avoit sur le roi, mais ses proches n'y observoyent pas tant de médiocrité.
Cette occasion nous convie à traiter de cet amour autant que le respect et la bienséance nous permettent. On n'a guères veu d'amies de nos rois qui n'ayent attiré sur elles les haines des grands, ou en leur faisant perdre ce qu'elles désiroyent, ou en faisant défavoriser ceux qui ne les adoroyent pas, ou en espousant les intérests de leurs proches, leurs debtes, leurs récompenses et leurs vengeances. C'est une merveille conmient cette femme, de laquelle l'extrême beauté ne sentoit rien de lascif, a pu vivre plustost en roine qu'en concubine tant d'années et avec si peu d'ennemis. Les nécessitez de l'Estat furent ses ennemies. Ce de quoi je laisse, comme en chose douteuse, à chascun son explication.
Soit assez de dire historiquement, et pour première pièce de l'année 1599, où nous entrons, nous trouvons cette duchesse, de laquelle le roi avoit de très