‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 287 sur 317 · D'avoir empesché la proclamation commandée par la roine · texte numérisé non relu

D'avoir empesché la proclamation commandée par la roine

5. De s'estre voulu servir d'un nommé GhétiP, de la ville, pour faire prendre les armes au peuple.

6. D'avoir voulu forcer une des portes avec meurtre et tenu fort en sa maison.

Le comte, avant respondre à ces accusations, demande qu'on lui permist ce qui n'est refusé à aucun, asçavoir de récuser ses ennemis. Ce qui lui estant desnié, lui et Sucdhanton dirent au premier poinct qu'ils avoyent eu quelques devis des moyens de se garantir, mais sans dessein. Au second, qu'il avoit fait entrer les conseillers dans une chambre pour les sauver de l'émotion des siens et par amitié qu'il leur portoit. Et, aux autres poincts, qu'estant averti comment Cobhan et Raleig le vouloyent tuer, il se retira chez le maire et chez le chérif, et les avoit priez de s'armer pour sa garde. Et puis qu'ayant eu avis que le comte de Cornberland estoit à la porte de Lurques pour parler à lui de la part de la roine, il y fut receu à harquebusades ; sur quoi quelques-uns des siens tirèrent. Et lui se retira en sa maison pour se soumettre à justice. Là-dessus, plusieurs de ses juges l'accusèrent de s'entendre avec les Iriandois, les Espagnols, le roi d'Escosse, les puri-

i. Le shériff n'est pas un nom d'homme, mais le titre d'un des magistrats municipaux de la ville. Le comte d'Essex avait réclamé l'intervention du maire de Londres et du shériff pour arrêter les poursuites dirigées contre lui.

UYRE QUmZIÈIfE, GHAP. XIX. iSS

tins, les Jésuites, et d'avoir dit mal des geM de la roîne. On dit qu'il respondit suffisamment, monstrant la vanité de Faocusation par la difficulté de s'unir avec des testes qui ont si peu de commun. Â cela et autres accusations qui lui furent jettées en foule, il accusa ses ennemis d'infidélité à la roine, protestant de n'avoir rien fait que pour ne périr pas à leur gré. Dont, après que chacun des juges eut dit : Il est cùwpable^ sur mon honneur j il ouyt sa sentence pour estre mis en quatre quartiers. A quoi il respondit firoidement : c Ces pièces laissées ensemble eussent bien servi. > Il fut donc ramené à la tour, le tranchant de la hache vers lui, où il fut laissé plusieurs jours, et là averti qu'il deman* dast la vie à la roine ; ce qu'il refusa, disant qu'il en estoit las, et la prioit de ne tenir point le refus d'une telle demande pour orgueil. Enfin, le vingt-Knnquiesme de février S il eut la teste tranchée, ce qui fut fait aussi de ses complices, punis comme on fait les traistres, et parmi eux Thomas Lée^, non accusé de la conspiration, mais d'avoir maintenu le comte pour innocent. Et, pource que nous avons touché d'Irlande après quelque escapade du comte de Téron, tout y fut composé^, et mesmes les intérests d'Espagne meslez, au mois de septembre en l'année 1598.

1. Le comte d'Eesex fut exécuté le 25 février 1601, 6 mars d'après le calendrier grégorien.

2. Thomas Lea, jeune homme entreprenant, avait été surpris, tenant un mousquet, à la porte du cabinet de la reine. U fut arrêté par le garde des sceaux, cinq jours après Temprisonnemenl du comte, convaincu du crime de lèse-majesté, et exécuté.

3. Durant le procès du comte d^Essex, les Espagnols subirent un sérieux échec en Irlande, où leur colonel général, Alphonse Ocampo, fut fait prisonnier.

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li^ faat reprendre les affiûres du Pays-Bas à oe traité de paix avec celui du mariage, qui ne ftit que pour endorinir ceux du Pays-Bas. Cependant que François de Handosse^, qui estoit pour lors amyrant' d^Arragon, au commencement de septembre, fit passer la Meuse ^ par divers endroits et r'alUer devers le Brabant ses troupes, qui faisoyent trente mille hommes, tant de cheval que de pied, La Burlote^, ayant fait amas de batteaux et un peu auparavant fait brusler un navire des Ëstats, qui estoit devant Venloo^, vint par eau rencontrer Tamyrant, commençant sa besongne par Orsoi''. Le mareschal de Glèves^ y commandoit, lequel voulut refuser la porte, alléguant la neutralité. Hais, présentant des eschelles à la ville, puis après envoyant sommer le chasteau par trois capussins et un bourreau chaîné de licoux, tout lui fut ouvert. Il fit fortifier Orsoi, autresfois conunencé^, et fit une place nouvelle à Walsom.

i. L'édit. de 1620 place ici Ten-téte de 8on chapitre du 5éptentrion.

2. François Hurtado de Mendoza, fils d'Inigo Lopes, marquis de Mondejar, mort le 1*' mars 1623.

3. Amirant, vieille forme citée par La Gurne de Sainte-Palaye, du mot amiral.

4. De Thou date le passage de la Meuse, près Rnremonde, de la fin de septembre, et Monpleincbant des premiers jours du même mois (Hist. de l'archiduc Alb$rt, par Monpleincbant, publiée dans la Collection des Mémoires relatifs à Vhist. de Belgique).

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