LITRE QUINZIÈME, GHÀP. XIX
rançonna Yezel de cent mille talers et mille muids de bled. De plus, firent chasser tous les ministres et recevoir des Jésuites, par l'avis desquels les Espagnols augmentèrent le prix des talers au tiers ; et croissoyent toutes les conditions jusques à ce que le peuple, abandonné de sa garnison, fit response qu'ils se résolvoyent à la mort. Et lors on leur demanda moins et demeurèrent en surséance pour un temps.
Rhimberk ibvestiS les Espagnols entrèrent à cheval et à pied, à la nierci des canonnades de la ville, en l'isle qui est vis-à-vis et que le comte Maurice avoit voulu faire garder. Mais les assiégez n'y ayans laissé que quelque ridote^, il la falut quitter à leurs ennemis, qui, de crainte d'une fougade, furent trente heures sans y entrer. Aux deux pointes de ceste isie furent mis quatorze canons en diverses batteries, la ville sommée par Alfonse d'Avalos^; à quoi le magistrat voulut fort entendre et recourir à l'électeur de Coulongne^ pour la neutralité. Mais les capitaines alléguèrent que c'estoit un coUonel seul et non pas l'amirant. Et pourtant renvoyèrent le tambour avec menaces de mort s'il y retournoit. La batterie conmiença donc le lendemain ; un coup de laquelle porta une baie artificielle ou autre dans la tour des poudres, qui mit en ruine une partie de la ville, tua plusieurs hommes, parmi eux Aeddeink, gouverneur. Cet effort fit encores une bresche au rempart de la porte du Rhein, tua des