‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 292 sur 317 · LIVRE QUINZIÈME, CHAP. XIX. 4S · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME, CHAP. XIX. 4S

avec du canon ; et, ayans fait relascher les pionni^^, les navires et leur garde, les soldats entreprirent, contre l'opinion commune et à leur grand besoin, d'arrester Teau et refaire la digue, et en vindrent à bout.

De là en avant, Tamirant mit garnison par les autres villes neutrales^ qu'il saisit en demandant le passage contre son serment, escrit et signé. De ce rang furent Rees, Émeric et Iselbei^, cette dernière plus maltraitée que les autres. Et ainsi fit chemin pour employer son armée aux places où les Estais avoyent garnison. La première fut Dotcom^, foible et qui n'estoit gardée que de quatre compagnies, qui iîit cause que l'amirant ne la daigna sommer ni mesme, au commencement, respondre au tambour de la ville, qui demandoit capitulation. Mais, sachant que les habitans estoyent résolus à se consommer dans un feu, eux et leurs munitions, qui estoyent en grand nombre, la commodité d'avoir les vivres leur fit donner composition d'armes et bagage sans drapeaux^. Le capitaine Dort^ ne l'eut pas si bonne dans le chasteau de Schuilembourg, car il en sortit avec le baston blanc.

1. La campagne de Tamiral d'Arragon dans des pays neutres et sans défense a déshonoré ce général; elle se fit d*ailleurs contre Tavis et les représentations des officiers belges (Van Meteren, Hist. des Pays-Bas, 1618, f. 435).

2. Le 1*' novembre 1598, Mendoza avait envoyé un détachement de quatre régiments pour faire le siège de Dotecom (aujourd'hui Doetinchem), ville située dans le comté de Zutphen.

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