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6. Le duc de Mayenne, parti de Dijon, arriva à Beaune le l*** février 1595 {Mémoires de la Ligue, t. VI, p. 296).
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sant Talarme, le troisiesme du mois, il renvoya un nommé Guillermin^, avec quelques gens de guerre, à Tarrivée desquels furent mandez au chasteau le maire et les plus soupçonnez de la ville. Mais, les eschevins refusans de suivre, les armes faillirent à se prendre, ce qui eust esté à la ruine des habitans. Le maire pourtant fut renvo7é,'pour faire cesser Falarme qui s'eschaufoit. Le lendemain, les trois compagnies, qui estoyent nouvellement venues en la ville, coururent par les maisons et prirent quelques quatorze des plus mauvais garçons^. Et comme le dimanche, qui estoit le jour de Fassignation, ils alloyent achever de reserrer le maire avec son reste, cet homme, bien marri d'avoir laissé enlever les premiers, se résout à Textrémité, fait sonner Thorloge et en mesme temps saute en rue, arbore Tescharpe blanche, met Tespée à la main et crie Vive le roi. Cependant qu'on se rallie à lui, Richard, qui commandoit la garde de la porte du dedans, estant promptement assisté de bons hommes, fait tirer premièrement de la courtine aux soldats qui avoyent la garde du dehors; et puis sort, où il en désarme les uns et met les autres en fuite, qui furent assommez, environ quarante, par ceux des villages, qui accouroyent au tocsin. En mesme temps, Alexan enfonça le capitaine Guillermin dans son logis. L'ingénieux Charles l'en rechassa, et mesmes le blessa ; mais estant soustenu, y retourna et y prit encores le
i. Guillermino, spadassin milanais, commandant la garnison de Sourre, fut envoyé par Mayenne à Ghâlons le 2 février 1595 (Mémoires de la Ligue, t. VI, p. 296).
2. Arrestation des séditieux de Beaune par les soldats de Mayenne, 4 février 1595.
1595] LIVRE QUATORZIÈME, GIIAP« YH. 51
président de Latrecei^ Lors Guillermin estant mort, les autres furent menez prisonniers. Les soldats de la garnison, ne sadians où se rallier, y essayèrent quelque quarante ensemble, mais ceux-là furent incontinent défaits par les capitaines Brunet et Monnet^. Be là, le capitaine Sainct-Paul, estant blessé, se rallia au capitaine Sauni et Belleville^. Et ces trois ayans ramassé ce qu'ils purent de leurs troupes, qui estoyent logées près du chasteau, et se voyans jusques à six vingts hommes, donnèrent en gros par la rue des Tonneliers. Mais ceux de la ville, qui Tavoyent desjà embouchée d'un canon, placé là pour les tenir en bride, les menèrent rudement battans jusques en la rue des Boissons; où, encores depuis enfoncez par Richard, il ne resta plus que la rue de la Belle-Croix, qui est au pied du chasteau. MontiUet et ses gens d'armes, qui s'estoyent retirez en quelque tour, se rendirent à composition^. Ce fut sur le poinct que le mareschal de Biron, averti par les canonnades de la ville, se mit au galop pour succéder à ce commencement. Et ayant fait avancer les Suisses, fit ses approdies à bon esdent^; et ne put toutesfois empescher que Tavane ne jettast dedans Sablonnière, et le capitaine Marnai, quelques soixante hommes ayans en