Saint-Seine-sur-Vingeanne (Gôte-d'Or
6. Jacques Chabot, marquis de Mirebeau, avait informé le roi de la présence des ennemis aux environs de Saint-Seine, ajoutant que, dans une reconnaissance, ils avaient failli le constituer prisonnier.
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cents dievaux, qui, en le menant plus rudement qu'il ne vouloit, Tavoyent empesché de reoonnoistre de grandes troupes qui faisoyent diverses files, et qu'il oseroit dire que c'estoit Tarmée. Ce qui estoit vrai, car le connestable marchoit en résolution de secourir le chasteau assiégé et de prendre le logis de Sainct- Seigne.
Le mareschal de Biron, qui estoit venu trouver le rm avec peu des siens, fut aussîtost commandé de passer outre Fontaine-Françoise avec la compagnie du baron de Lus pour reconnoistre à bon escient à qui ils avoyent à faire. Ayant couru deux cents pas, il descouvre soixante salades sur une colline, qui servoit de rideau au mareschal, lequel aussi tost se résolut de diai^er ses coureurs pour faire place à sa veue et rendre compte de ce qui suivoit. Les soixante ayans quitté et pris à quartier, toute Tannée paroist et de plus près quatre cents die vaux hors d'ordre, pource qu'ils venoyent de pousser devant eux le baron d'Anssonville que le roi avoit envoyé à la guerre dès le matin avec deux compagnies de chevaux-légers.
RhosneS qui commandoit à la teste, fait avancer un gros de six cents chevaux et destache des quatre cents premiers deux troupes à gauche et à droite pour voir le derrière des royaux. Le mareschal envoyé le marquis de Mirebeau à une main, le baron de Lus à l'autre, pour parer les costez et empescher la reconnoissance. Et, en cet eslargissement, le mareschal, qui avoit veu l'armée et Fartillerie, laschoit le pied. Les autres, commandez d'engager, envoyent les cent dievaux qui avoyent pris la gauche à la charge du
i. Christian de Sa^igny, •. de Rosnee.
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baron de Lus. Le mareschal y donne, le trouve par terre et contraignit les cent dievaux de se raUier à cinquante pas de là. En mesme temps, le gros que nous avons dit, assisté de deux autres qui sortoyent fraischement des bois, vint prendre place de si près que la retraite du mareschal eust esté fuite s'il n^eust esté contraint de retourner pour donner quelques coups d'espée. Il avoit à faire entre autres aux barons de Tiange, de TenessaiS à Vilier-Houdan' et quelques carrabins qu'on leur envoya sur le poinct de la charge. Le mareschal, suivi à la meslée qu'il- fît maugré lui, ayant receu un coup d'espée sur la teste, comme estant sans salade, fut contraint de passer la carrière vers la main droite du roi, qui envoya une compagnie de gens d'armes pour, sous leur charge, arrester les fuyars. Mais cette troupe fut renversée et rompue, menée battant jusques auprès du roi, qui appelle des gens de bonne maison par leurs noms. Quelques-uns se rallient à lui. Les chevaux des autres eurent la bouche forte ^. Ce défaut fut couvert par la fermeté du roi, qui se void aussitost sur les bras toute la cavalerie ennemie, en cin£| escadrons, et de plus près Tavanes^-avec deux cents chevaux.
i. Le baron de Thiange et Tenissey, à la tôte de vingt hommes d'armes, étaient venus se placer sous les ordres de Villars; ils devaient figurer parmi les cent cavaliers qui chargèrent le maréchal de Biron, après avoir repoussé d'Hausson ville.
2. Villars-Houdan reçut un coup de mousquet au bras; le roi lui envoya un chirurgien et lui offrit un sauf-conduit pour se retirer (De Thou, liv. GXII). Villars-Houdan devint, en iôii, gouverneur de Dieppe [Journal de L'EstoiU).
3. G*est-à-dire firent semblant de ne pouvoir accourir au secours du roi.