‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 36 sur 317 · Charles de Lorraine, duc d'Elbeuf · texte numérisé non relu

Charles de Lorraine, duc d'Elbeuf

58 mSTOIRE UNIYBR8ELLE. [1595

Risse ^ et les compagnies de chevaux-légers du roi et du duc de Vaodosme ; tout cela faisant cinq cents. A l'ombre de ceux-là les fuyars s*estans ralliez, l'armée ennemie, qui avoit fait les fautes précédentes pour avoir jugé^ la royale estre arrivée, fit encores celle de se retirer, mettant sa cavallerie à Fombre des bataillons. Et, en cette façon, le roi la suivit jusques au-dessous de Gré^; où le lendemain repassa les ponts qu'elle avoit fait, ayant perdu, aux charges que nous avons dites, quelques trente morts et non plus', du costé du roi quatre seulement; ce qui ne sera pas trop estrange à ceux qui savent comment les meurtres ne se font pas au choc, mais aux suites. Le roi n'eut que la cuirassine pour armes à ces combats. Entre ceux qui, à son gré, se signalèrent en cet afl&ire, nous ne lui avons ouy surestimer que le duc de la TrimouiUe et celui d'Elbœuf, qui se joignit à l'autre pour abbatre la rosée devant le roi. Quant aux seigneurs et gentilshonunes de marque qui fuirent, j'aime mieux

i. IjOIÛs de THôpital, baron de Vitry ; Henri Hurault, comte de Gbivemy; Georges de Brancas, cbevalier de Malte, dit le cbe- Yalier d'Oise, frère puîné de l'amiral de Viilars; Gréquy, s. de Rissey.

2. Velasco, informé par les prisonniers de la présence du roi à Fontaine-Française, ordonna aussitôt de battre en retraite et de gagner la yiUe de Gray, malgré les instances du duc de Mayenne, qui aurait vonlu renforcer la garnison de Dijon. Le gouverneur du Milanais s'opposa à l'entrée des ligueurs, ses alliés, dans la ville de Gray, en sorte que les blessés durent implorer le secours des royalistes. On a vu quelle fut, à cette occasion, la conduite du roi à l'égard de Villars-Hondan (De Tbou, liv. CXH).

3. Cette cbarge avait été commandée par le capitaine milanais Jean-Baptiste Sannon, qoi périt lui-même dans la mêlée.

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payer pour eux du rude fardeau qu'ils cuidoyent avoir sur les bras et des preuves de courage qu'ils avoyent rendues en d'autres occasions, et mesmes à la dernière chaîne, que d'arborer leurs noms au contraire, comme plusieurs ont fait, en donnant leurs plumes à la faveur^.

Le roi, pour monstrer que la campagne estoit à lui, entre en la Franche- Comté, prend Âspremont^ et quelques autres bicoques. Ceux du païs, ruinez par ce ravage de l'armée et surtout par les grandes troupes de vaches, que menoyent les courtisans mesmes et personnes de grande marque, eurent recours aux Suisses ; qui n'eurent pas plustost envoyé remonstrer la neutralité et protection que les Bernois devoyent aux Gontois, que le roi fut bien content de venir, au commencement de septembre, faire son entrée à Lion, où nulle magnificence ne fut oubliée. Là, il mit ordre aux a£bires de Dauphiné, Provence et Languedoc, qui estoyent en Testât que vous verrez en leur lieu. Geux^ du chasteau de Dijon^, ayans sceu la retraite des forces espagnolles, firent leur capitulation tant bonneste qu'ils la voulurent.

1. Bataille de Fontaine-Française. Victoire de Henri IV sur les Espagnols, 3 juin 1595. Le roi avait échappé à un grand danger; il écrivit à Catherine, sa sœur : • Peu s'en est fidu que vous c n'ayes été mon héritière. »

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