Ge premier membre de phrase manque à l'édition de
les religions ainsi que les affaires d'estat. L'ouverture premièrement faite par Rotan et Morlas^, desquels nous avons parlé, suivie ardemment par plusieurs esprits faciles à leurs espérances, et, aussi tost que nées, combatues par ceux des réformez qui retenoyent de l'ancienne austérité, lesquels, prévoyans du mal pour eux, n'y peurent pourvoir si bien que les ministres, transportez de joye de prescher en lieux non accoustumez, de revoir sur pieds leurs églises dissipées, n'eussent en horreur l'ancienne condition, les anciens termes et les personnes qui les vouloyent retenir. Ce fut lors que le roi de Navarre dépescha du Fay^, petit-fils du chancelier L'Hospital, lequel, monstrant pour toutes commissions la clef des seaux de Navarre, en une course qui fit par la Guienne et environs, cassa les chambres de justice et l'ordre des finances et mesmes quelques garnisons du parti réformé, leur fit prendre la tresve pour une paix et aboUr parmi eux tous les vocables de différences, hormis ceux de religion.
Ceux que nous avons désignés, unis jusques au nombre de six, et personnes qui, pour leur grand savoir ou pour l'authorité qu'ils avoyent aux familles du roi ou à celles de la roine ou aux provinces de leur habitation, comme Serres^ en Languedoc et Rotan
1. Jean-Baptiste Rotan, ministre protestant, mort le 28 avril 1598. — Jean de Moriaas, ministre protestant, membre du conseil privé, mort le 25 août 1595.
2. Michel Hurault de l'Hospital, s. du Fay, secrétaire du roi de Navarre.
3. Jean de Serres, ministre protestant, historiographe de France en 1597.