‹ Histoire universelle (volume 5)Chapitre 58 sur 317 · LIVRE QUATORZIÈME, GHAP. XI · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME, GHAP. XI

suffisance ou insuffisance de rEscriture et les termes de Tépistre à Timothée. Sur ce point , cette conférence fut rompue par la défence des ecclésiastiques.

Cependant les refformez, sous permission du roi, en termes généraux et non exprès, assignèrent une assemblée générale pour leurs affaires à Saincte-FoiS à la mi-mai, en Tan 1594, ayans trouvé par les plaintes de tous costez occasions suffisantes pour oser cette nouveauté.

A Saincte-Foi, s'estans trouvez de toutes les parts du royaume trente députez au retour du synode national tenu à Montauban, on leut au commencement, pour faire les ouvertures, plusieurs lettres et plaintes de seigneurs, gouverneurs et communautez. Et puis furent mis sur table trois mémoires de personnes qui avoyent accoustumé de mettre la main aux affaires du parti, sur le moyen de le redresser et conserver. Le plus grand de ces mémoires vous fera foi de la consternation où estoyent réduits les réformez. Il venoit d'un des plus vieux, renommez et expérimentez capitaines qui fussent parmi eux, général d'une province, et qui plusieurs fois a voit acquis la haine du roi de Navarre pour son trop de zèle aux affaires du parti. Voici la somme de son instruction.

Premièrement, il supplioit la compagnie de supprimer ses avis et qu'il n'en fust jamais parlé après qu'elle les auroit entendus pour en faire son profit, pour le danger auquel telle hardiesse le mettoit, et qu'il subissoit de bon cœur, puisque c'estoit pour Dieu. Il estoit donc d'avis, pour la direction des attires,

i. Sainte-Foy (Lot-et-Garonne).

86 HISTOIRE UNTVERgELLE. [1595

qu'on entretint à la cour un personnage notable de Languedoc et de Dauphîné, un de Guienne, un de devers la rivière de Loire et un pour le reste de la France; que ces quatre personnes fidèles et de peu d'importance se tinssent près d'un secrétaire d'estat, lors réformé, pour lui donner les plaintes nécessaires et recevoir par sa bouche les volontez du roi; qu'aux événements ils assemblassent en forme de conseil les ministres de l'église de Paris, les seigneurs qui seroyent à la cour pour leurs affaires et quelque valet de chambre du roi ; qu'on fist une levée de deniers par les provinces pour donner une pension de quatre ou cinq mille escus au secrétaire. Et qui voudroit faire un trait plus hardi et de plus grand effect, c'estoit d'en donner une de dix mille à la duchesse de Beaufort, amie du roi, qui estoit de la religion en son âme, tesmoin qu'elle ne se confioit en aucuns de ses domestiques s'il ne faisoit profession de la religion.

Cet eschantillon suffira pour monstrer Testât de la pièce; et ces avis, avec plus longs discours estans leus, un de la compagnie^ opina à son tour qu'on octroyast à l'autheur du mémoire le secret qu'il demandoit au commencement et qu'il n'en fust jamais parlé. Ce qu'estant approuvé, on passa aux autres plus utiles, et le plus petit de tous estant suivi après trois semaines de débats et d'oppositions, principalement par ceux du Languedoc, desquels les conditions estoyent en meilleur estât pour avoir gardé la possession des assemblées par forme d'estats. Enfin, le résultat de plusieurs séances fut aux articles suivans.

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