François d'Orléans, comte de Saint-Paul
2. Les Espagnols se rendirent maîtres d'Amiens le il mars 4597 (Damiens, Mélanges hist. et criL, 1768, t. II, p. 3).
3. Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœar, gouverneur de Bretagne pour la Ligue.
13Î HISTOIRE UNIVBRSBLLB. [1597
OU huict cents Suisses logez à Bosme. Le jeune Saioct- Surin» enseigne de son frère, s'estant desrobé seul, picqua dans le plus proche fauxbourg, recouvre une escbelle, et, n'oyant aucun bruit, monte par elle dans la ville, et fut long temps par les rues avant que croire que la ville ftist prise. En fin arrivèrent à lui quelques Espagnols qui pilloyent. H passe Tespée à travers le corps d'un picquier, et de sa picque en blesse son compagnon. Et, se voyant en danger, veint à la porte, de laquelle le verrouil est oit arresté d'un clou, qu'il arracha, et courut avertir ceux qui marchoyent de la facilité d'y servir le roi. Mais ce qu'il avoit fait apprit aux Espagnols de lever le pont, comme le trouvèrent ceux qui s'avancèrent à sa parole.
La résolution du roi fut remarquable, de tant plus forte que ses affaires estoyent lors mal disposées pour assiéger un tel morceau. Les grands qui estoyent près de lui, la gayeté que monstrèrent les Picards, l'intérest que les Parisiens prirent à se voir frontière et la souvenance des heureux exploits passez, tout cela fit résoudre le roi au siège d'Amiens, où l'Espagnol employa six mil hommes, garnis de trente pièces de batterie et d'autant de campagne. Le maréchal de BironS un des principaux à donner le courage, n'ayant pas plus de gens de pied qu'il y en avoit en la ville, mais, sur la foi de six cents gentilshommes, qui se trouvèrent près, dans peu de temps alla, non investir, mais incommoder la place ^. Cependant que le roi,
i . Le maréchal de Biron D*avait que 3,000 fantassins. Le roi, à peine arrivé à Gorbie, lui donna l'ordre d'investir Amiens du côté de la Flandre.