LIVRE SECOND, CHAP. VII
d'une blessure receue en une sortie, fut tué4 d'une grosse pierre qui lui sépara la teste du corps, poussée par une femme. L'effroi de sa mort se communiqua à toute l'armée, laquelle, après un grand meurtre, se dissipa2.
Les Albigeois, ayant emporté le chasteau Narbonnois, regaignèrent tout ce qu'ils avoyent perdu en Agenois3 et en Gominge avec le chasteau de Mirepoix. Puis les chefs, s'estans rassemblés au commencement de l'année 1219, combatirent en bataille ouverte les pèlerins relevés ou venus de nouveau, ausquels commandoit Lautrec4.
Pour réparer toutes ces choses, marcha le prince Louys, fils du roi, avec trente comtes et autant d'évesques pour achever le siège de Marmande5. Or, pource que la composition qu'ils avoyent faicte fut violée par l'advis des prestres, il print occasion de la mort de son père de s'en retourner, ayant sommé Thoulouze sans l'assiéger6.
1. Simon de Montfort se disposait à entrer dans une de ces grandes machines de guerre appelées chat, cat, cate, destinées à battre les retranchements de l'ennemi et à combler le fossé, lorsqu'une pierre, lancée d'un mangonneau des assiégés, l'atteignit à la tête et l'étendit roide mort (25 juin 1218). Le siège avait duré neuf mois (Histoire de Languedoc, t. III, p. 303).