‹ Histoire universelleChapitre 19 sur 332 · LIVRE PREMIER, CHAP. II · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER, CHAP. II

pas de prendre la ville en décembre 1 551 , et avec elle les serments de ses confédérés, et leur consentement de traicter avec le roi une association qui fut conclue à Champbourg1.

Dès lors, Maurice enfloit ses troupes au lieu de les congédier, comme désiroit l'empereur. Appelle pour aller en cour, s'excusoit que sa présence estoit nécessaire à réprimer les excès de ses bandes, ausquelles lui-mesme laschoit la bride contre les ecclésiastiques. Et puis ayant pressé, autant que les affaires de France s'avançoyent, la liberté du lantgrave, son beau-père, prenant pour particulière cause de ses armes la proximité du prisonnier, et la religion pour générale, après des finesses2 que plusieurs cercheroyent plustost en Espagne et en Italie qu'en Allemagne; en fin, armes descouvertes, marcha droit vers l'empereur, qui de son costé donnoit rendés-vous à ses troupes à Reute, au pied des Alpes, où furent les efforts de Maurice. Là s'estoit approché l'empereur du concile de Trente, duquel nous reprendrons le propos, tousjours rompu par les mefïiances des protestans, ausquels on ne pouvoit donner sauf-conduit suffisant, sur l'exemple du concile de Constance3 et le canon qui rendoit de nulle valeur toute foy promise aux hérétiques.

i. Traité de confédération entre Henri II, Maurice, électeur de Saxe, et autres princes ses alliés, contre Charles-Quint, fail à Chambord, en janvier 1552. Ce traité est réimprimé par Isambert {Recueil des anc. lois, t. XIII, p. 248).

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