‹ Histoire universelleChapitre 192 sur 332 · LIVRE SECOND, CHAP. X · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND, CHAP. X

Daulphiné. De ce temps, fut surprise l'assemblée de Paris en la rue S. Jaques1. De ceste prise furent bruslés, à diverses fois, George Tardif, Nicolas Guiotet, Jean Caillou, de Tours, Nicolas de Jeinville, qui2, ayant la langue coupée, invita en mots bien entendus la compagnie à prier Dieu ; Nicolas Glinet, Xainctongeois, Taurin Gravelle, de Dreux, la damoiselle de Graveron, nommée Philippes deLuns3. Geste-ci, allant à Paris pour faire hommage au cardinal de Lorraine, et lisant par les chemins les premiers recueils des martyrs, dit plusieurs fois qu'elle ne pou voit croire telle constance se pouvoir trouver dans le cœur humain. Estant prisonnière, se confirma tant qu'elle voulut se parer le jour de son supplice, qu'elle appeloit « le jour de ses nopces avec Christ. » La sentence estant leùe, un advocat de la compagnie disputoit de bailler sa langue, pource que le dicton n'en faisoit pas mention ; mais elle résolut ses compagnons disant : « Il est raisonnable que la langue qui a le privilège de « louer Dieu ait celui de sauter la première sur l'au- « tel du sacrifice. » Sollicitée A par quelques conseillers de prendre une croix, pource que Dieu commandoit à chacun de porter sa croix, elle respondit : « Jésus « Christ entendoit celle que vous me faites bien por- « ter. » De mesme coup moururent Nicolas le Cène, Normand, et Pierre Gabard, Poictevin, François Rebe-

1. Cette assemblée, qui se tenait dans une maison située devant Le collège du Plessis, fut surprise le 4 septembre 1557 (Grespin, p. 421

2. Ce passage, jusqu'à Nicolas Clinet, manque à l'édit. de 1616.

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