Chapitre XIV
Diverses brouilleries de la cour sur la mort du Roi. Authorité de la Roine mère5.
François, fils aisné de France, fut quand et quand
1. Il expira le 10 juillet, aune heure après midi, « avec spasme et attraction et avec une extension monstrueuse et hideuse des pieds et des mains, donnant signe évident de la véhémence du mal » (Lettre de Caraccioli, citée plus haut, p. 238, note 3).
2. Le mariage d'Elisabeth avec Philippe II, représenté par le duc d'Albe, avait été célébré à Notre-Dame le 22 juin 1559.
3. Le mariage de Marguerite de France, avec le duc de Savoie, avait été célébré l'avant-veille de la mort du roi, 8 juillet, à minuit, dans la petite église de Saint-Paul (Vincent Garloix, liv. VII, chap. xxvm).
4. Le palais des Tournelles était situé à peu près à l'endroit où est aujourd'hui la place Royale. Catherine de Médicis le fit démolir en 1576 (Félibien, Histoire de Paris, t. II, passim).
5. Le récit du règne de François II, dans YHistoire universelle,
salué Roi, premièrement par ceux de Guise. Le connestable attendit la quarantaine pour rendre son devoir et l'honneur deu au corps du prince, dont quelques uns blasmoyent le duc de Guise pour Testât qu'il avoit près la personne. Après les cérémonies, ceux de Montmorenci ensemble virent la Roine pour l'asseurer de leur fidélité. Entre autres propos, il eschappa au chef de ceste famille de dire que les François ont à cœur l'obéissance de leurs princes naturels, et à contrecœur celle des princes estrangers4. Le Roi de Navarre, qui estoit à Pau, quelque adverti et pressé qu'il fust pour se haster de venir prendre sa place, vint à petites journées à Vendosme2, et là donna loisir à ceux de Guise de lui dresser ses affaires. La Roine mère du Roi cognoissoit les Bourbons pour estre authorisés de leur naissance curateurs naturels du jeune Roi, et par ainsi qu'elle ne les pouvoit, par aucune administration, obliger d'un grand merci et d'une parole. Mais ceux de Guise, qu'elle sçavoit avoir esté aimés de son fils, oncles de sa bruz3, et bien-aimés des peuples,
est principalement tiré de Y Histoire de l'Estat de France de Régnier de la Planche, auteur protestant. Cet ouvrage, au moins quatre fois imprimé en 1576, n'a été réimprimé qu'en 1836, dans le Panthéon littéraire, par M. Buchon, et, la même année, chez Techener, par M. Mennechet (in-fol.). On a contesté que cette chronique fût l'œuvre de Régnier de la Planche, mais Dupleix, qui avait connu l'auteur, la lui attribue formellement. Il dit en même temps que La Planche avait écrit l'histoire du règne suivant {Histoire de France, 1628, in-fol., t. III, p. 607).
1. Le récit de La Planche et de d'Aubigné est confirmé par une lettre du duc d'Albe et de Ruy G-omez de Silva à Philippe II, du 11 juillet 1559 (Orig. espagnol; Arch. nat., K. 1492, n« 50).