‹ Histoire universelleChapitre 23 sur 332 · LIVRE PREMIER, CHAP. III · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER, CHAP. III

trouvons que le pape Jule troisiesme, successeur de Paul, au commencement de son pontificat, fît belles et grandes promesses de travailler à la paix publique, à mettre en train le concile de Trente, du transport duquel il a voit esté cause, comme nous ferons voir.

On a escrit de ce pape comment, à son entrée, il donna son chapeau rouge à un nommé Innocent1, receu en sa maison, pource qu'une singesse l'ayant trouvé à la porte fort garni de poux, le print en amitié; il fut faict son gouverneur, et de là estant agréable à son maître pour autres considérations2, il entra en grand crédit et fut nommé à Rome le cardinal de la singesse. Le collège des cardinaux lui alla reprocher ceste action en corps, portant la parole Charles, cardinal de Bourbon3, comme ce prince estant prisonnier entre mes mains, l'a compté franchement. A telles remonstrances Jules répliqua : « Quels mérites avez vous plus trouvé « en moi pour me faire prince de la chrestienté, que « moi en Innocent, pour le faire cardinal. » Il trouva l'Italie agitée de diverses factions. La plus apparente pour lors estoit celle des Gonsagues contre les Farnaises4, ausquels il restitua à son commencement

Page 1