‹ Histoire universelleChapitre 264 sur 332 · LIVRE SECOND, CHAP. XXII · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND, CHAP. XXII

eslargi, quelques jours auparavant, sur les nouvelles d'Orléans, et puis que le Roi, après que le cardinal lui eut faict faire un vœu à nostre Dame de Gléri, où il devoit aller confirmer par serment l'extirpation des réformez et de tous leurs fauteurs, avoit rendu l'âme le cinquiesme jour de décembre4. Cela fit haster ce cunctateur2 de gagner Orléans3, où, en arrivant et trouvant grosse garde à la porte Banière, il menaça les capitaines qui y commandoyent de les faire pendre, leur fit lever les armes, quelques commandemens qu'ils eussent d'ailleurs, alla consoler et conseiller la Royne4, bien empeschée sur une promesse jurée aux Lorrains de ne mettre le prince de Gondé en liberté, mesmes par la mort du Roi5. Le prince, partie par la volonté de ses ennemis, partie par la sienne, garda la prison dix jours, quoique ses gardes, ou s'accommodans aux nouveautez, ou gagnez par sa fréquentation agréable, lui monstrassent signe d'amitié, lui disans qu'ils estoyent là pour le servir où il les voudroit

1. François II expira à cinq heures du soir, suivant La Planche (p. 341), à dix heures suivant Ghantonay, celui de tous les témoins dont les informations nous présentent le plus de certitude (Lettre du 8 décembre à Philippe II; Arch. nat., K. 1493). Il est confirmé par un extrait des registres du Parlement (F. fr., vol. 18534, f. 387).

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