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LIVRE SECOND, CHAP. XXXI

où les victoires alternatives ne laissoient aucun capable ni de vaincre, ni de céder, ni d'obtenir la paix. Et ceste femme1, aux Estats de Sterlin2, \ 559, sur des nouvelles receues de quelque secours, déclara ouvertement qu'elle vouloit esteindre la religion réformée, respondant aux députés, qui lui alléguoyent la foi promise au contraire, qu'il ne faloit exiger les promesses et sermens des princes qu'autant qu'ils leur estoyent utiles.

« Or donc, répliquèrent les députés, nous vous annonçons que, n'y ayant point de foi de vous à nous, vous n'en pouvez exiger de nous à vous. Nous vous annonçons encores la nécessité d'obéir et de penser dès ceste heure comment vous vous démeslerez de nostre inimitié. »

Dès ce jour elle sçeut nouvelles de plusieurs villes déclarées pour les réformez. Le lendemain, elle vid maltraicter les prestres, rompre les images, razer à son nez des couvents jusques aux fondements.

Voilà armée d'une part et d'autre ; elle a recours à quelque pacification nouvelle et à tresves plusieurs fois rompues, pource que la foi de la régente n'estoit plus, à son regret, qu'une chanson. G'estoit sur le point que le comte de Haran , fils d'Amilton , autresfois régent, se sauva des mains du cardinal, qui désiroit en faire un exemple notable.

Presque aussitost que lui arrivèrent en Escosse La

ft. Marie de Lorraine, régente d'Ecosse pendant la minorité et l'absence de Marie Stuart.

2. Assemblée de Sterling, convoquée par la régente d'Ecosse le 10 mai 1558.

Brosse1 avec deux mille hommes et l'évesque Pelevé2, l'un pour l'aire la guerre, l'autre pour disputer. Sur cette joye, la régente despêche un héraut au comte de Haran, pour lui ordonner de la venir trouver et poser les armes, et pour la sauce force injures et menaces. Les principaux de l'armée respondirent en corps que, la cognoissant mal affectionnée au service de Dieu et au bien de l'Escosse, eux, comme conseillers nez de la couronne, lui enjoignoyent trois choses : de quitter le tiltre de régente, toute administration publique, et avec les estrangers sortir du royaume; tout cela secondé d'une ordonnance aux Escossois qui estoyent avec elle, de la quitter dans %k heures, sur peine d'estre déclarés traistres à leur patrie. Là dessus [elle] despesche en Angleterre et impètre secours, selon l'accord fait à Bervec au commencement de l'an 1 560 et la protection d'Escosse prise par la Roine Élizabeth3.

De France on avoit despesche vers elle, pour la destourner de cette entreprise, l'évesque de Valence l et le

4. Jacques de la Brosse, lieutenant successivement de la compagnie du duc de Longueville, du duc de Lorraine et du duc de Guise, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, chevalier de l'Ordre le 28 novembre 1557, capitaine d'une compagnie de trente lances en 1562, fut tué à la bataille de Dreux le 49 décembre 1562. Brantôme a écrit son éloge (t. V, p. 47). Secousse lui a consacré une note {Mémoires de Condé, t. I, p. 107).

2. Nicolas de Pellevé, né le 18 octobre 1518, évêque d'Amiens en 1552, archevêque de Sens en 1562, cardinal en 1570, devint un fougueux ligueur, fut envoyé à Rome, où il resta vingt ans, et mourut archevêque de Reims, le 26 mars 1594.

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