‹ Histoire universelleChapitre 317 sur 332 · LIVRE SECOND, CHAP. XXXI · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND, CHAP. XXXI

bien les deux dernières en jalousie que ceux de Meldolphe, y ayant jette leurs forces, furent assiégez despourveus, dont advint qu'après s'estre très bien deffendus (car mesmes les femmes se firent tuer à la bresche, où une tua deux soldats de son cousteau), ils furent emportez, demeurans 400 hommes sur la place; le reste se sauva dans le marais1.

De cest effroi les Thietmarsiens abandonnent Bronse- Butelle et Tiburge2. Mais à Hécla, ceux du pais disputèrent la campagne, et puis force retranchements, toutesfois emportez à coups de canon. Ils y perdirent 3,000 hommes. Il falut attaquer Amma, où ils avoyent retiré femmes, enfans et thrésors. Dès le commencement du siège, ils envoyèrent deux prestres avec le baston blanc, et une lettre au bout. La capitulation se fit à la charge qu'ils recognurent les Dannois pour leurs princes3. Quatre mille Thietmarsiens demandèrent pardon à genoux la teste nue, rendirent l'artillerie et munitions, et receurent trois citadelles. Ceste paix fut Tannée suivante confirmée par l'Empereur.

L'an d'après, qui estoit 1560, Magnus4, frère de Frideric, transporta son partage à son frère, pour aller secourir les Livoniens, lassez du gouvernement de leurs chevaliers. Lui et son secours furent désirez et aimez au commencement, mais les troubles que l'ar-

1. Meldorf fut pris le 3 juin 1559 (de Thou, 1740, t. II, p. 643).

2. Brunsbùttel fut abandonné par les habitants. Tielbruck fut pris par le général Rantsow (de Thou, 1740, t. II, p. 644).

3. Les Dithmarsiens demandèrent à traiter vers le 17 juin 1559. La paix fut conclue, et il fut convenu que, le 21, les vaincus apporteraient leurs armes (de Thou, 1740, t. II, p. (>i?i.

4. Magnus, duc de Holstein, était le troisième fils de Christian III. Il fut évêque de Hapsal, en Livonie.

chevesque esmcut contre lui, supportez par Christotfle de Mayence1, donnèrent aux Moscovites le temps, durant l'assemblée de Parnovie2, de faire leur expédition. Ils battent auprès de Hermès3 l'armée des Livoniens, conduite par Philippes Chai 4, maistre de l'ordre, prennent de force Wenlin5. Retraicte de Guillaume Fustemberg0, cependant que la garnison s'esbatoit à peser les thrésors du vieillard. Ils tuèrent les pillards et emmenèrent le bon homme prisonnier en Moscovie.

D'un tel succès les Moscovites enflez se mettent en trois; une troupe assiège la forteresse de Wistenting7 et ne fît pas ses affaires ; l'autre va picorer vers Wolmaria8 ; les autres courent vers Resvarie9 et Parnovie, où commandoit ce Magnus. Les Revariens, désespérez du secours de l'Empereur, vont demander argent au

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