LIVRE PREMIER, GHAP. X
de la crainte de ses subjets, pour tirer grande somme d'argent, avec lequel, après avoir appelé toute sa noblesse près de soi, il envoya en Suisse faire levée de 14,000 hommes de pied, en Allemagne de quelques régiments 4 ; envoya (comme nous avons dit) en Italie à monsieur de Guise , lui manda qu'il apointast à quelque prix que ce fust, pour s'en venir. Cependant le duc de Nevers et le prince de Condé fatiguoyent l'armée qui assiégeoit Saint-Quentin battue d'une batterie générale de 44 pièces.
Les assiégeans, le 22 d'aoust, gaignèrent le fond des fossés par mines, qu'ils rendirent jusques dessous le rempart, puis les firent jouer le 26 du mesme mois. Et, le 27, l'assaut général fut donné par quatre endroits et emporté, quelque diligence qu'y fist l'admirai2, qui fut pris dedans avec force seigneurs de marque, entre ceux-là d'Andelot, qui trouva moyen de se sauver par dessous une tente, et avec plusieurs dangers arriva à Han 3. Il fut tué au sac quelques 200 soldats et quelques
1 . M. Henri Turgeot a publié , dans la Revue des questions historiques du 1er octobre 1882, une étude sur les efforts de Henri II, au lendemain de la journée de Saint-Quentin, pour reconstituer les forces du royaume. Cet article est principalement composé d'après la correspondance du général des aides, le sieur d'Elbene, conservée aux Archives nationales (K. 92). Nous citerons aussi une magnifique lettre de Henri II au sire d'Humyères (Orig., f. fr., vol. 3134, fol. 64).
2. Saint-Quentin fut pris le 27 août. Goligny, fait prisonnier par un Espagnol, nommé Francisco Dias, fut conduit au fort de l'Écluse, puis à Gand (Chevalier, Recueil de Mémoires, in-4°, 1623, p. 461). La lettre qu'il écrivit au roi, le 30 août, après la prise de la ville, est publiée dans le même recueil, p. 458. Il ne sortit de prison qu'après avoir payé cinquante mille écus de rançon, au commencement de février 1559.
3 Un luit in raconte ;iinsi la fuite do d'Andelot : « luv aidant
capitaines regrettés. De cest effroi se rendit le Chastclet, ctllan1, ayant enduré 1,200 canonnades, composa. Noyon fut surpris de plain jour par quelque cavalerie habillée à la françoise2.