LIVRE PREMIER, CHAP. XV
hal, alface du pais, qui est à dire sage, se mesla de leur accord ; et, leur ayant donné lieu avec parole de seurté, Hamet colleta son frère, qui s'en desmesla, et ne l'offensa pas, le pouvant. Depuis, Hamet donna des forces à ses enfans Zidan et Caidi4, lesquels, ayans eu quelque bon succès, contraignirent Mahamet de s'armer, ce qui fut cause de les faire rencontrer et venir aux mains, où Mahamet fut vainqueur. Là fut pris Hamet, lequel, vaincu, fit traicter la paix, par laquelle demeura pour partage à Hamet le plus septentrional de ceste Afrique, à Mahamet la Suz, la Numidie et la Lybie. Et fut ordonné pour successeur Mahamet Harran, fils de l'aisné, et après Muley-Zidan, fils de Hamet. Lequel, de retour à Marroche, rompit la paix, livra une bataille à son frère à 7 lieues de Marroche, que Mahamet gaigna selon ses prédictions, comme il avoit fait la première ; sçeut si bien vaincre et si bien user de sa victoire qu'il fut au point du jour aux portes de Marroche, laquelle il emporta d'effroi. Le vaincu, un peu après, donna jusques aux fossés ; et, ayant sçeu la réception de son ennemi, s'alla cacher chés un hermite, trouva moyen de parler à Naxer et à Zidan, ses frères, lesquels il despescha versOatazène2, roi de Fez, celui à qui auparavant il avoit fait tant d'injures. Ce roi, désireux de l'advenir et oubliant le passé, les receut. Mais Mahamet rappela son frère et ses nepveux encores à la paix, les esblouit de sa miséricorde, les envoya avec quelque occasion de contentement à Taphilette. Et mit quant et quant une armée sous