‹ Histoire universelleChapitre 86 sur 332 · LIVRE PREMIER, CHAP. XV · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER, CHAP. XV

rahaman, ses plus jeunes enfans, assiège Fez, et prit, au bout de deux ans que dura le siège, la vieille ville, Fez par surprise ; et Buaco se sauva. Le roi se jette en sa miséricorde avec Naxer et Gacer, ses fils, querelle son frère Hamet de quoi ses enfans avoyent assisté à Oatazène. Cestui-ci les envoya tous à leur oncle Mahamet, qui renvoya Naxer et Zidan, maria Buaco et Macol avec ses filles, despescha ses fils Harram, Abdel Gader et Abdala, à Trémèsene, qu'ils prennent sans coup d'espée; puis en la défendant contre les Turcs, il y eut division entre les frères, sur laquelle estans chargés Abdel Cader fut tué. Harram Abdel, accusé devant son père, fut tué par poison, et, de ceste colère, il fit mourir le roi Oatazène et son fils prisonnier.

Sur ces accidens, Buaco traicta avec l'empereur Charles Quint, lui promettant livrer le Pignon4, pour lequel effect il se desroba et vint jusques à Ausbourg2 en Allemagne, où trouvant trop d'affaires, il tourna en Espagne. Là, se voyant mesprisé, il s'attache à Jean, roi de Portugal3, duquel il impetre secours. Son malheur fut tel, qu'ayant fait descente auprès de la Gomère, et estant aux mains avec quelques uns du pays, Salarais, que Soliman avoit envoyé pour commander en Csesarée d'Affrique, courant la mer et terrissant de ce costé-là, vit des vaisseaux chrestiens. Font armée ensemble pour aller reprendre Fez, où Mahamet Sché-

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