‹ Histoire universelleChapitre 96 sur 332 · LIVRE PREMIER, CHAP. XVI · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER, CHAP. XVI

si bien qu'ayant remis une autre dent en sa place, le prestre receut une grand'récompense du roi de Bisnagar4; et commença l'adoration plus que devant. Les Portugais achevèrent de recognoistre en mesme temps, l'an 1554, l'isle de Jappan2 desjà descouverte par le naufrage d'Antoine Mora, François Zermor, et Anthoine Pexo ; ayans mis en meilleur estât les forteresses de la seconde coste des Indes, qui prend de l'embouchure du Gange à l'isle Sumatra.

La gloire de ces gens esmeut quelques esprits des François à les contrefaire. Entre ceux-là Villegagnon3, chevalier de Malthe, qui, défavorisé en France par la querelle qu'il eut avec le capitaine de Brest, s'y ennuya et s'adressa à l'admirai, lui exposant son désir d'aller faire peuplade en l'Amérique, se couvrant du zèle d'y planter la religion réformée, de retirer des persécutions de France, qui lors s'alumoyent, plusieurs familles désolées. Sous ce langage, il obtint deux bons navires et somme d'argent. Villegagnon4 alla au Brésil faire un fort en la rivière de Ganabara, qu'il nomma le fort de Goligni. L'ayant accommodé, renvoya ses navires chargés de brésil5, et de là dépescha à Genève, d'où, par mesme langage, il tira deux ministres et plusieurs

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