‹ Histoire universelle, ancienne et moderne (volume 3)Chapitre 4 sur 45 · HENRI , EMPEREUR FRANÇAIS A CONSTANT · texte numérisé non relu

HENRI , EMPEREUR FRANÇAIS A CONSTANT

wople, THÉODORE LASCARIS, empereur a Nicéé. (An 1 206. )

Dès qu'on sut à Constantinople la mort de l'en*-» Ei«ti<m pereur, les barons élurent son frère Henri. Ce frère <u*

Bsudouin*

prince , doué de toutes les qualités nécessaires s©» pour régner, dans des temps difficiles, avec éclat , justice et sagesse, était grave et doux, conciliant et ferme , actif sans précipitation et brave sans témérité ; il soutint dignement sa couronne , et

portrait.

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surmonta les obstacles sans nombre que ltriropposaîent les institutions vicieuses transplantées d'Europe dans le nouvel empire d'Orient.

Tableau Le chef de. l'Etat n'y pouvait plus- compter sur

ûc l'empire , - , . , f /

des légions organisées, sur un service régulier : un édit du prince , un décret du sénat ne suffisait plus pour obtenir d'une extrémité de l'empire à l'autre une obéissance prompte. L'aristocratie féodale liait le sceptre et enchaînait le peuple.

L'empire ne reconnaissait plus un seul maître, et chaque cité, chaqqe bourg , dépouillé de ses municipes , de ses franchises , subissait le joug d'un orgueilleux et faible tyran;.

Sous les empereurs romains et grecs , tous les citoyens vivaient libres , les grands seuls se voyaient exposés aux foudres qui partaient du trône; c'est ce qui fît durer , supporter, chérir même par les nations la puissance conquérante des Romains.

; Malgré le défaut d'institutions et de garanties , le sceptre, alors redoutable aux grands et aux ambitieux seuls, était un appui protecteur pour le peuple y une arme forte contre ses ennemis^ mais la féodalité avait tout changé.

« milieu de l'anarchie des fiefs, le prîfrce , sans» amtorité , fie pouvait maintenir .ni j|a paix intérieure , ni la sèreté extérieure. Lenjpereur, soumis aux lois faites par tes grands , ne devait rien entreprendre pour la . défense ou pour Tac-

DU BAS-EMPIRE. l5

croisement de l'empire sans le consentement d'un conseil x composé du roi de Thessalonique , d'un préleur vénitien et des principaux barons.

On lui avait assigné comme domaine une partie de la Thrace; c'était le seul fonds sur lequel il pût acquitter les dépenses générales. .

En cas de guerre, tous les vassaux étaient obligés, à la vérité, de marcher sous ses enseignes avec leurs troupes et à leurs dépens, mais seulement depuis le I er juin jusqu'à la Saint-Michel, et même pou* 1 la moitié de ce temps, s'ils se trouvaient engagés dans des guerres particulières. • C'est avec le faible appui de cette milice turbulente, incertaine, irrégulière, qu'il fallait soutenir nu trône chancelant, contre la haine des Grecs, le fanatisme des musulmans et la vaillance sauvage des Bulgares.

Ce chaos politique, qui existait depuis plusieurs siècles en Italie, en France, en Allemagne , est le tableau fidèle de ce temps chevaleresque si peu connu et si vanté, c'est l'histoire exacte de l'aristocratie ancienne, et le rêve de l'aristocratie moderne.

Henri % plus heureux que son frère, soutint acHc^iînr avec vigueur et avec succès la guerre entreprise contre Joannice ; s'il ne put sauver Dydymotique , qui fut détruite par l'ennemi, il là vengea, défit

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les Bulgares , les poursuivit jusque dans leur pays , et brisa les fers de vingt mille prisonniers. eax™™"* Mais, tandis qu'il dirigeait toutes ses forces au «aperçu*. nor( j <} e Fempire , Théodore Lascàris , rival digne de lui , s'emparait de la Bythinie , de la Lydie , de la Phrygie , et se faisait couronner à Nicée empereur d'Orient.

Ce prince écrivit au pape pour l'engager à rétablir la paix parmi les chrétiens en réglant les limites entre les Latins et les Grecs; le pape, refusant d'agir comme médiateur , ordonna : au prince grec de se soumettre à l'autorité de Henri. Cette conduite, impolitique sous tous les rapports, prolongea le schisme et la guerre»

D'autres ennemis ne tardèrent pas à secouer le joug des Français et des Vénitiens ; Alexis et David Comnène s'emparèrent de toute la côte du Pont-Euxin , et en formèrent un Etat indépendant, dont Trébizonde fat le siège. Ce troisième empire subsista encore quelques années après la prise de Gonstanlinople par Mahomet II.

Henri , vainqueur des Bulgares , conclut avec Lascàris uiie trêve qui dura peu; bientôt le prince grec et Joannice se liguèrent contre lui; pressé entre ces deux ennemis , sa position devenait de jour en jour plus critique ; la nécessité de diviser ses forces, le réduisait à la défensive : cependant, aussi actif qu'intrépide, il délivra Andrihople,

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