‹ Histoire universelle, ancienne et moderne (volume 5)Chapitre 2 sur 77 · PREMIER AGE DE LA GRÈCE · texte numérisé non relu

PREMIER AGE DE LA GRÈCE

Destruction des Pelages. — Temps héroïques et fabuleux.

Le premier âge de la Grèce nous montre cette contrée divisée en plusieurs petits royaumes qui lurent tous fondés par des colonies d'Egypte et de Phénicîe. Les liabitans sauvages de la Grèce s'étaient soumis, les uns volontairement et les autres par nécessité, aux rois de Sycione, d'Athènes, d'Argos, de Sparte et de Corinihe. Ces princes commencèrent à polir et à civiliser les peuples en leur procurant les premiers avantages de la réunion sociale , et en leur faisant goûter la sécurité que leur donnaient les murs de leurs villes naissantes contre les attaques des animaux féroces et les invasions des brigands.

Décrue- Une grande partie des Pelages, attachés aux iaSes. habitudes et à l'oisiveté de la vie sauvage , repoussèrent long -temps les lumières qu'on leur présentait, et résistèrent au joug ([non voulait leur imposer. Ces hordes errantes, guidées par des chels braves et cruels, répandaient partout

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l'effroi , massacraient les voyageurs , enlevaient les troupeaux , et dévastaient comme un torrent tous les lieux qu'elles traversaient. Cet obstacle, opposé aux progrès de la civilisation, excitait l'indignation des fondateurs des nouvelles colonies. Le but de leurs efforts et l'objet de leur gloire fut long-temps la destruction de ces brigands , et les premiers héros que l'histoire immortalisa et que la reconnaissance divinisa se signalèrent par des victoires remportées sur les monstres des forêts et sur les chefs des hordes sauvages. La fortune , la puissance et la célébrité , fruits de ces premiers exploits , entretinrent l'esprit militaire chez les Grecs.

Lorsqu'ils n'eurent plus de monstres à terrasser ni de sauvages à soumettre , ils combattirent entre eux , et firent des incursions dans les îles adjacentes et sur les côtes voisines pour accroître leur renommée , pour étendre leur puissance , et pour augmenter leurs richesses , qu'ils ne pouvaient devoir qu'au pillage , en attendant que le commerce vînt leur donner des moyens plus doux d'en acquérir.

C est dans ces temps qu'on nomme héroïques T>m s que l'histoire place le voyage des Argonautes , faéh°îeox*de les crimes des Dana ides , les aventures de Thésée , les travaux d'Hercule, les malheurs d'OEdipe,

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le siège de Thèbes et celui de Troie. On y trouve tellement mêlées la mythologie et l'histoire , la vie des hommes et celle des dieux , tes métamorphoses et les révolutions , qu'on peut appeler ces temps fabuleux aussi bien qu'héroïques.

Les premiers rois des Grecs commandaient à des hommes braves et même féroces ; leur autorité n'avait quelque étendue que pendant la guerre ; elle était très - bornée pendant la paix. Ils adoucirent leurs mœurs par leurs lumières , sans pouvoir amollir assez les courages pour établir solidement leur domination. Toute autorité, contestée et mécontente de ses limites , cherche à obtenir par la crainte ce qu'elle ne peut obtenir par la loi ; aussi vit-on bientôt tous ces princes abuser de leurs victoires sur leurs ennemis et du dévouement de leurs soldats pour opprimer leurs concitoyens ; mais les Grecs, uniquement occupés de guerre et d'agriculture, étaient exempts des vices qu'entraîne la mollesse. Ils brisèrent les chaînes de la tyrannie , et presque partout le gouvernement républicain s'établit. Les Grecs avaient conservé entré tous les citoyens une parfaite égalité qui maintint la liberté durant les deux premiers âges; le troisième y introduisit la richesse,

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rarabition , l'inégalité , la corruption ; et le quatrième, la servitude.

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