WENCESLAS
WenreMas.
lira.
Union de Heidclberg.
trave pour l'État, et pourtant elles se multiplièrent soit pour la défense ou l'attaque. La société du Lion de la Vétéravie se propagea en Souabe , en Alsace , en Franconie , dans les Pays-Bas ; celles des Cornes , de Saint- Guillaume , de Saint-George», trop faibles pour lutter d'influence , entrèrent dans la grande confédération , qui chaque jour allait se fortifiant , et leur exemple entraîna plusieurs comtes et ducs.
L empereur Wenceslas, qui avait succédé à son père < hurles , ne sut pas trouver un meilleur moyen de régler les confédérations que de les réduire toutes en une ligue générale , divisée en quatre partis. Mais il aurait fallu pour les diriger une autre main que la sienne ; car, appliqué dès son jeune âge aux affaires politiques , il les avait prises en dégoût, et leur préférait le vin et les femmes. Méprisé ou calomnié, il imagina, pour les dominer, de les diviser par des inimitiés, et, dans ce but, il engagea les villes à former entreellesun cinquième parti, en laissant les nobles seuls dans les quatre autres. Il en résulta bientôt une guerre qui désola la Souabe ; Wenceslas, qui s'était retiré par dépit en Bohème, abolit , à son retour, les associations, et proclama une paix publique pour six ans.
Quand il ne pouvait réussir en Allemagne , il se réfugiait en Bohême, où il poursuivait le projet de son père , c'est-à-dire l'introduction du langage et des usages allemands ; comme il ne dissimulait pas sa préférence , les Bohémiens irrités formèrent des conjurations, qu'il punit sévèrement. On lui attribuait de nombreuses cruautés, et Ton disait qu'ayant trouvé ces mots tracés sur un mur, Wencelaus aller Nero, il avait écrit au-dessous : Si non fui adhuc, ero. Il est certain qu'il marchait toujours avec le bourreau, qu'il appelait son compère, auquel il livrait quiconque lui déplaisait sur sa route. 11 engagea une lutte de juridiction avec l'archevêque de Prague , Jean de Genzstein ; irrité contre Jean de Népomuck (Népomucène), son vicaire (on ajoute qu'il voulut le contraindre à révéler la confession de la reine), il le fit jeter dans ^[ni Jean la Moldau. L'archevêque s'enfuit à Rome, où il porta trente-huit ^•■j™*™". accusations contre le roi ; mais Boniface IX ne les trouva point fondées. Les historiens de Bohême , à coup sûr, ont exagéré les vices de ce prince.
Après avoir mécontenté le peuple, il trouva des ennemis dans sa famille. Son frère Sigismond , électeur de Brandebourg et roi de Hongrie, et Josse, margrave de Moravie , sou cousin , conclurent avec Ait mm t III d'Autriche et Guillaume Ier de Misnic une alliance qui semble avoir eu pour conséquence la conjuration à la
suite de laquelle Wenceslas fut pris , enfermé dans le château de Prague et obligé de déclarer Josse son vicaire en Bohême. Les
1W*- états le délivrèrent; mais quatre électeurs le déclarèrent déchu de l'Empire , comme négligent et inutile , et le remplacèrent par Robert. Robert, électeur palatin. Cet acte illégal et cette trame de gens intéressés conservèrent à Wenceslas beaucoup de partisans, tandis
no* que Robert s'alliait avec les seigneurs d'Italie et d'Allemagne, avec le pape et les mécontents de la Bohême; puis Sigismond luimôme, qui gouvernait la Bohême au nom de son frère, se tourna contre lui avec des alternatives de revers et de succès. Les querelles politiques se trouvèrent envenimées par les différends religieux, attendu que plusieurs papes se disputaient alors la tiare ; on
1*10- était sur le point d'en venir aux mains, lorsque Robert mourut subitement avec le regret d'avoir connu tous les maux de l'Empire sans avoir pu remédier à un seul.
Il fut imposé comme condition au futur empereur de terminer le schisme de l'Église; cependant, comme chaque faction voulait que le pape soutenu par elle fût seul légitime, les suffrages se partagèrent entre Sigismond et Josse , outre Venceslas. Ce dernier abdiqua, Josse mourut, et le premier resta chef de l'Empire, sigismond. Sigismond, puissant comme roi de Hongrie, seigneur de Brandebourg et futur héritier de la Bohême , déploya la plus grande énergie pour réprimer le schisme , et provoqua la réunion du concile dont nous allons nous occuper.