I. Du monachisme en général
Imiter de plus près les vertus de l'Homme- Dieu, et en particulier son austérité, sa chasteté, sa chanté ; continuer ces vertus dans le monde avec toutes les œuvres du Rédempteur, prier pour ceux qui ne prient pas et pour tous les hommes, tel est le but des institutions monastiques. — De l'élévation de l'état monastique ; comment il est vrai qu'il constitue la plus profonde de toutes les jihilosophies, III, 672. — Les monastères ont toujours été les asiles non-seulement de la piété, mais des lettres, des arts et des sciences, V, 636. — Philosophie de la vie religieuse, VII, 579, 580. — Pourquoi des ordres contemplatifs, 580.
Quant à I'Hi^toire du monacuisme, nous allons en donner ici un résumé, que nous diviserons en six périodes :
1. Avant saint Basile en Orient, avant saint Benoît en Occident, on peut citer quelques essais, mais qui ne se généralisent point. On rencontre des monastères, non des Ordres. Parmi ces essais on peut citer: les thérapeutes d'Alexandrie, II, 666 ; — les anachorètes et les cénobites de la Thébaïde, III, 426;— saint Paul et saint Antoine, 427-431, 440, 457-460, 520, 521, 531, 558, 559, 618 ; — saint Pacôme, 460, 461 ; IV, 10, II ; — saint Hilarion, III, 461, 559, 560, 618, 619 ; IV, 55, 56; — saint Atbanase, le véritable introducteur de la vie monastique en Occident, III, 557, 558 ; — saint Eusèbe de Verceil, 584; — saint Augustin : vie régulière qu'il mène avant et après son ordination comme évêque; monastères qu'il fonde pour ses compagnons et pour des vierges; influence de ces fondations sur les siècles postérieures, IV, 201,206 ; — Cassien, 216; — les trois genres de moines qu'on distinguait en Egypte à la fin du quatrième siècle : les cénobites, les anachorètes, les sarabaïtes, 216 ; — la ville d'Oxyrrhynque, en Egypte, 2i6, 217; — saint Honorât, 380-381. — Le monastère de Lérins, fondé par ce saint, devient, au commencement du cinquième siècle, un foyer de lumières, une pépinière de savants et desainls, 440. — Organisation d'un monastère au cinquième siècle [voir saint Sabas), fi5l. — Monastère que di-
rige près de Poitiers saint Maixent, au commencement du septième siècle, 714. — Saint Césaire d'Arles fonde, vers la môme époque, un monastère de religieuses; sa règle, 716, 717. — Monastère fondé à Orléans par saint Euspice et saint Maximin, 719. — Saint Fulgence, au commencement du sixième siècle, réunit en Sardaigne plus de quarante moines ; organisation de son monastère, V, 8. — A la même époque saint David, archevêque et patron du pays de Galles, fonde douze monastères; sa règle, 14, 15. — Monastères que saint Dubrice, archevêque de Cuërléon, puis solitaire dans l'île de Bardsey, fonde dès le cinquième siècle. Vingt mille religieux sont inhumés dans cette île, 15. — Saint Kolom-Kille, un des plus illustres patriarches des moines d'Occident. Sa règle. Ses monastères en Irlande et en Écosse, 18, 19. — Sous l'ancienne loi la vie monastique avait pour représentants les écoles ches prophètes, les ascètes d'Alexandrie, les anachorètes et les cénobites de la Palestine et de la Syrie, 50. — Saint Martin, saint Germain l'Auxerrois, et le monastère de Condat, 50. — Dès le sixième siècle les monastères servent souvent de séminaires; celui de saint Fulgence en est un exemple, 66. — Autour des monastères s'élèvent des villes, par exemple, dès le sixième siècle, Saint-Calais, Saint-Léonard, Saint-Pourçain, Saint-Junien, etc., etc., 90, 91. — Enfin nous mentionnerons les solitaires qui, dès avant Noire-Seigneur Jésus-Christ, se succédaient sur le mont Carmel, IX, 250, 241.
II. Mais saint Benoît a paru et tout va changer. Un ordre fortement constitué surgit dans le monde ; les terres et les intelligences reçoivent la culture dont elles manquaient ; les écoles s'ouvrent; le sol bénédictin défriche le sol de l'Europe; ies missions bénédictines y défrichent les Ames, V, 47-59, 104, 488, 489, 535. — Cependant cet ordre est atteint par le malheur des temps ; il a besoin de réformes. Trois fois il se réforme lui-même et renaît chaque fois avec une nouvelle vigueur. — A ces trois réformes sont attachés les noms de saint Benoît d'Aniane (voir ce nom), VI, 169-171, 261-263 ; — de Cluny (910) (voir Cluny), 672, 673, — et de Cîleaux (109S) (voir Citeaux), VII, 762, 763. — L'ordre de Saint- Benoît, jusqu'au douzième siècle, suffit à !ous les besoins de la chrétienté occidentale. Pendant ce temps la vie monastique continue en Orient. Description d'un monastère en Orient au commencement du neuvième siècle. On prend pour exemple celui de Stude, dirigé par saint Théodore, VI, 225, 226. — Les trois réformes des Bénédictins sauvent l'ordre et la civilisation. Les
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villes se forment autour des monastères, la vérité se répand, la scolastique commence. C'est à la multiplication des monastères et à la splendeur de quelques-uns que l'on doit la renaissance et l'éclat de la littérature au douzième et au treizième siècle, VIII, 385, 386.
III. Cependant, dès le onzième siècle, une tendance se manifeste de toutes parts en Occident : c'est de joindre la vie cléricale dans le siècle à la vie régulière du cloître ; de là toutes les congrégations de Chanoines réguliers qui paraissent à cette époque, la troisième de l'histoire du monachisme, VII, 446, 447, 676, 694, 764, 765; VIII, 107-109, 320.
IV. Une nouvelle époque commence avec le treizième siècle. De vastes hérésies, qui prennent leur source dans la vieille doctrine manichéenne, menacent l'Église ; «lies passent pour savantes, elles se parent d'une fausse pauvreté. Il faut, pour que l'Église triomphe, que la vraie' science et la vraie pauvreté triomphent de ces hypocrisies. C'est à quoi vont travailler deux ordres, ceux de Saint-Dominique et de Saint-François; le premier terrase l'ignorance et s'empare des esprits, le second comhat par son humilité la prétendue morlification des hérétiques et s'empare des cœurs, IX, 177-196, 338-343.
V. Au seizième siècle, la résistance à l'Église devenant permanente, et le protestantisme, avani-coureur de la philosophie et de la Révolution, devant pendant plusieurs siècles livrer la guerre à la vérité, un ordre nouveau devient nécessaire ; cet ordre devra être nombreux, car les ennemis sont nombreux ; il devra ô!re savant, car ils s'armeront de la science ; il devra être militant, ou plutôt une véritable milice, car il s'agit d'une véritable guerre. Cet ordre, Dieu le donne à son Eglise dans la Société de Jésus, XII, 312-359.
VI. Enfin le dix-seplième siècle et les siècles suivants ont pour caractère principal les institutions charitables, auxquelles les Filles de la Charité peuvent servir de type, XIII, 205, 206. — Cependant ces siècles sont en môme temps ceux où l'on méconnaît, où l'on persécute le plus les institutions monastiques, jusqu'à ce que la révolution française décrète la suppression des ordres religieux et des vœux monastiques, XIV, 296, 297. — Persécutions contre les religieux et religieuses insermentés sous l'Assemblée législative, et surtout sous le règne de la Terreur, 320-331, 358-371. — Ces persécutions ont été bien souvent renouvelées depuis, mais le monachisme s'est déjà relevé sous nos yeux et renaîtra toujours.
■ I. Table par ordre chronologique d>s principale* institution)» mouasl i«i u«n «lont il est question dans I'IIistoirb dk l'Église.
1° Essais antéhieurs a saint Basile en O uknt et a saint BenoIt en Occident. Les thérapeutes d'Alexandrie, II, 666. — Les ascètes, V, 50. — Les anachorèteset les cénobiles de laThébaïle, III, 426. — Ceux de la Palestine et de la Syrie, V, 50. — Saint Paul (229-342) et saint Antoine (251- 356), premiers modèles de la vie monastique,
III, 427-431, 440, 457-460, 520, 521, 531, 558, 559, 018. — Saint l'acôme (292-348), ermite, et le premier dont on ait une règle, 460, 461 ;
IV, 10, H. — Saint Hilarion (307-310), III, 4(11, 559, 560, 618, 619 ; IV, 55, 56. — Saint Athanase (296-373) est l'introducteur de la vie monastique en Occident, III, 557, 558. — Eusèbe, évéque de Verceil en 354, est le premier dans l'Occident qui joint la vie monasliqne à la vie cléricale, 584. — Saint Marlin (310-400), fondateur du premier monaslère dans les Gaules, V, 50. — Saint Germain l'Auxerrois et le monastère de Oondat, 50. — Essais monastiques de saint AugjsuiL, IV, 201, 206, — et de saint Fulgence, V, 8, ;i0. — Saint Honorât, fondateur et premier abbé du monastère de Lérins vers 410, IV, 380, 381. — Cassien, mort en 433. Ses conférences, son amour pour la vie monastique ; monastères qu'il fonde à Marseille, 216. — Saint Dubrice et saint Dasid, en Angleterre, au sixième siècle, V, 14, 15. — Saint Maixent, IV, 714.— Saint Césaire d'Arles, 716, 717. — Saint Colom Kille, presque contemporain de saint Benoît, mort quarante-sept ans après lui, V, 18, 19.
2° Les Basiliens. Extraits remarquables des règles de saint Basile, III, 672-674.
3" Les Bénédictins. Histoire de la fondation et des commencements de l'ordre au commencement du sixième siècle, V, 47-49. — Analyse détaillée de la règle de saint Benoit, 49-57.
4° L'ordre de Saint-Colomban. 11 naît à la fin du sixième, au commencement du septième siècle, V, 316, 317, 480-488.
5° Les Bénédictins ; réforme de saint Benoît d'Aniane, second patriarche de l'ordre monastique en Occident, à la fin du huitième siècle,
0° Les Bénédictins, réforme de Clcny (910), VI, 672, 673.
' 7° Les Camaldules, ordre fondé par saint Romuald au commencement du onzième siècle,
VII, 281, 282, texte et note.
8° Les Humiliés, ordre fondé en 1036, VIII, 610, 611.
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9° Les Chanoines réguliers paraissent aux onzième et douzième siècles, VII, 446, 447. — Commencements de Saint- Victor de Paris, 676.
— Fondation de la congrégation des Chanoines réguliers d'Arouaise, vers la fin du onzième siècle, 764, 765. — Les Prémontrés ne sont que des Chanoines réguliers, VIII, 107, 108.
10° La Congrégation de Vallombreuse, fondée en 1052 par saint Jean Gualbert, VII, 324, 325, 434-439.
11° L'ordre de Grandmont, fondé, vers 1076, par saint Étiennede Muret, VII, 524, 525.
t2° Les Chartreux, institués, en 1084, par saint Bruno, VII, 577, 578.
13° Les Bénédictins, réforme de Citeaux (1098),
14° Ordre de Fontevrault, fondé en 110G par le bienheureux Robert d'Arbrissel, VII, 764.
15° Fondation, en 1113, et commencements de l'ordre militaire des Chevaliers de Saint-Jean de
JÉRUSALEM OU HOSPITALIERS, VIII, 50, 51. — Statuts
de l'ordre, 51, 52.
16° Les Bénédictins; Clairvaux, saint Bernard, les Bernardins (1115), VIII, 67, 68.
17° Les Templiers ; institution de cet ordre en 1118. Sa règle donnée par saint Bernard. Ses premiers développements, VIII, 152-151.
18° Ordre des Prémontrés, fondé en 1121 par saint Nobert. Il réunit avec les austérités de la vie monastique toutes les fonctions de la vie cléricale. C'est le caractère de presque tous les ordres fondés au douzième siècle, VIII, 106-108.
19° Les Gjlbertins ou l'ordre de Sempringam, fondé vers 1150 par saint Gilbert de Sempringam. Il y a deux congrégations dans cet ordre : l'une de filles, sous la règle de saint Benoît; l'autre de Chanoines réguliers, sous celle de saint Augustin, VIII, 319, 320.
20° Ordres militaires en Espagne et en Portugal : de Calatrava (1158), VIII, 421; — 21° d'ALcantara (1156), 422; — 22° d'EvoRA et d'Avis (H65S), 422 ; — 23° de Saint-Michel (1167), 422 ;
— 24° de Saint-Jacques (1170), 423.
25° Les Béguines, instituées par le prêtre Lambert le Bègue vers H 60, VIII, 540, 541 ; X, 556.
— Les béguinages dans les pays flamands; leur organisation actuelle, XIV, 649, 650.
2fi° Origine de Tordre Teutonique, en 1192,
27° Les Trinitaires, institués en 1198 par les saints Jean de Mathaet Félix de Valois, VIII, 653,
9.8° Les Carmes. Depuis le prophète Élie, le, mont Carmel a dû servir habituellement de retraite à de pieux solitaires qui sont ainsi les an- Table.
cêtres spirituels de» Carmes, IX, 240, 241. — En 1200 le bienheureux Albert donne une règle aux ermites du mont Carmel, qui deviennent les Carmes. Principaux articles de cette règle, 241, 242.
29° Congrégation du Val des Écoliers, fondée en 1201 (Chanoines réguliers comme a Saint-Victor de Paris), IX, 247.
30° Les Frères de l'Épée ou Frères du Christ, ordre fondé en 1205 par Albert, évéque de Riga,
31° Les Frères mineurs; leur institution en 1208 par saint François d'Assise. Commencements de leur histoire jusqu'au concile œcuménique de Latran en 1215, IX, 183-196.
32° Les Religieuses de Sainte-Claire (1212),