NOUVELLES CONTROVERSES
§ 351. — Nouvelles controverses sur la grâce. Baius. Molina. Jansénius.
Le concile, de Trente n'ayant donné aucune décision définitive sur les controverses portées jusque dans son sein entre les thomistes et les scotistes au sujet de la grâce, on vit bientôt se renouveler la discussion soulevée jadis par Pelage. Michel Baïus (1), professeur de théologie à Louvain [dep. 1551], en donna le signal. Dès qu'il monta dans sa chaire de théologie, il tonna, ainsi que son collègue Jean Hessels , contre la méthode scolastique, et, enseignant suivant la méthode de la théologie positive, il exposa simplement le dogme, en l'appuyant des textes de l'Écriture sainte et des passages des saints Pères, saint Cyprien, saint Ambroise, saint Jérôme, saint Grégoire et surtout de saint Augustin. Il justifiait sa méthode d'enseignement en montrant l'abus que les protestants avaient l'ait des textes sacrés, qu'il fallait rétablir dans leur sens véritable. Ses collègues, plus anciens que lui, et tous dévoués à la méthode scolastique, Tapper et Ravestein, furent, à leur retour de Trente, fort mécontents de la direction prise par Baïus, mais surtout du système qu'il commençait à dévoiler assez clairement. Ils en soumirent, de concert avec les Franciscains dix-huit propositions à la sentence de la Sorbonne [1560]. Quelques membres seulement en firent la censure. Baïus se crut par là même autorisé à publier des observations justificatives, dans lesquelles il cherchait à démontrer que certaines de ces propositions, tout au plus, pouvaient mériter d'être blâmées, nais que la plupart étaient conformes à la sainte Écriture et à la doctrine de saint Augustin. Le cardinal Granvelle, archevêque de Malines, gouverneur des Pays-Bas, tâcha d'apaiser la querelle, et, la représentant comme comme la simple conséquence de quelques expressions inusitées, il
(1) Bnji, Opp. Coloniœ, 1696, in-4. Au commencement de l'année 1563 : De libero arbitrio; de justitia; de justificatione et de ^acrificio: après son retour de Trente, les traités: de Meritis operum; de Prima hominis justitia et de virtutibus impiorum; de Sacramentis ia gendre, etc.