‹ Histoire universelle de la pedagogie renfermant les systemes d'education et les methodes d'enseignement des temps anciens et modernesChapitre 6 sur 101 · LES PEUPLES SAUVAGES · texte numérisé non relu

LES PEUPLES SAUVAGES

enfant de ses mouvements naturels, et les corsets des jeunes filles, qui empêchent la taille de se développer et de se fortifier, et engendrent par là diverses maladies.

A côté de ces soins purement physiques, nous devons mentionner l’attention particulière que les peuples sauvages apportent à développer, surtout chez les garçons, une ardeur guerrière. La bravoure, unie au mépris de la mort, est la plus haute vertu du sauvage. C’est par elle qu'il remporte la victoire sur ses ennemis et acquiert de la gloire. Ce principe conduit le sauvage à endurcir son fils contre la douleur. Les Albipones se font des incisions ou se percent les bras et d’autres parties du corps; chez les Iroquois, les jeunes garçons s’attachent les bras deux à deux et placent un charbon ardent au milieu pour voir lequel résistera le plus longtemps à la douleur. C’est encore dans le but de devenir de vaillants guerriers qu’ils exercent certains sens, comme la vue, l’ouïe, l’odorat ; qu’ils apprennent à nager, à courir, à sauter, à tirer de l’arc.

Il est remarquable que le courage dans le combat soit une des vertus capitales chez tous les peuples qui sont encore dans l’état de nature, ou dont la civilisation est peu avancée. Et cette venu est ordinairement accompagnée de mœurs rudes et d’habitudes cruelles. Il n’y a pas cinquante ans que, dans nos campagnes, les garçons, petits et grands, se faisaient la guerre de village à village, et, dans une ville, de quartier à quartier. On cite même des localités où, à certain jour de l’année, les enfants de deux villages voisins se réunissaient pour un combat très-sérieux. Et malheur au poltron qui ne se battait pas bien! Celui, au contraire, qui terrassait le mieux son adversaire, était comblé d’éloges. De nos jours, ces mœurs sauvages se modifient et disparaissent ; on comprend mieux que les hommes sont tous frères , et qu’ils ne doivent pas s’entre-déchirer. Un principe chrétien semble être entré, sous ce rapport, dans la conscience populaire,. pour y combattre cet instinct guerrier de la nature dans ce qu’il a de rude et de sauvage.

§ 2. De l’édacation chez les Chinois»

Le peuple chinois est le peuple conservateur par excellence. Aucun autre ne joint une plus grande stabilité à une civilisation assez avancée. Ce caractère de stabilité qui distingue la Chine est une conséquence du principe religieux dominant dans cette vaste monarchie.

Le Chinois n’a aucune notion de Dieu. Il n’a pas le mot Dieu dans sa langue. Il sait seulement qu’il existe une force universelle, le ciel , qui domine- toute la nature. L'empereur, fils de cette force ou du ciel, est seul en rapport avec ce dernier. Il joint par là la puissance spirituelle au pouvoir temporel. Ses ordonnances sont des ordres divins qu’aucun mortel n’ose examiner ni contredire. Au-dessous de lui sont les mandarins et différents degrés de fonctionnaires, ses représentants, auxquels est dû, par conséquent, un respect, une vénération, un culte analogue. Le père de famille est le dernier terme de cette hiérarchie sacrée et le représentant de l’empereur dans sa maison. La Chine est ainsi une grande famille, dans laquelle l’empereur, les fonctionnaires publics, les parents et les ancêtres sont des personnes sacrées et les objets les plus relevés du culte. L’éducation s’est naturellement moulée sur cette religion des Chinois, comme on peut le voir dans les préceptes suivants :

« Si les affaires de la maison sont bien réglées, celles de l’Etat le seront aussi, car celles-ci reposent sur celles-là : celui qui vénère ses parents vénérera aussi le roi, et celui-ci peut alors reconnaître ses enfants dans ses sujets.

» Aucune position, aucune dignité ne peut délier l’enfant de la piété filiale. L’obéissance filiale s’élève jusqu'au ciel, dont elle imite le mouvement régulier; elle embrasse la terre entière et est l’image de sa fécondité.

» Le pouvoir du père est illimité ; l’obéissance des enfants est sans restriction. Le mandarin est obligé de punir l’enfant dont le père se plaint, et cela sans examiner les rai-

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