LES PHILOSOPHES
La philosophie s’est beaucoup occupée, en Allemagne, d’éducation. Kant (1724-1804) a laissé des travaux psychologiques qui ont été exploités par les pédagogues, en particulier par Niemeyer, Schwarz et Stephani. — Fichte (1762-1814) s’est fait l’avocat de l’éducation nationale. — Schelling (1775-1854) a substitué en psychologie les caractères de l’espèce à ceux de l’individu. Dans son système, l’existence appartient plus à l’espèce qu’à l’individu, et l’éducation doit s’appliquer à développer dans l’homme l’idée de l’espèce. Wagner et surtout Graser ont développé la psychologie panthéiste de Schelling. L’espèce substituée à l’individu dans le système de Schelling est remplacée par la divinité dans Graser. Le but de l’éducation est donc de développer dans l’homme le divin, l’idée de Dieu, dans laquelle vit l’espèce et chaque individu en particulier, La personnalité, comme on le voit, s’efface dans ce système pour se perdre dans le sein de la vie universelle, que les panthéistes décorent du nom de Dieu. — Hegel (1770-1831), dans un langage qui ressemble à celui du christianisme, se perd dans un panthéisme éthéré. Rosenkranz , Anhalt , Deinhard , Kapp , Thaulow ont donné différents développements à la pédagogie de Hegel. Schleier mâcher (1768-1834) pense que l’école chargée de diriger le développement de la société ne doit s’occuper que des in-
térêts communs à tous. D'après ce principe, l'enseignement religieux, qui sort du domaine commun, doit demeurer dans le sein de l’Eglise, comme certaines choses restent dans le sein de la famille.