‹ Histoire universelle en tableauxChapitre 173 sur 424 · LOUIS LE DÉBONNAIRE, EBBON · texte numérisé non relu

LOUIS LE DÉBONNAIRE, EBBON

Histoire de France (9e siècle).

Louis Ier le Débonnaire , fils de Charlemagne , né en 778 , parvint au trône de France et d'Allemagne en 814. Il associa son fils Lothaireà l'empire, nomma Pépin et Louis, ses autres enfants, rois d'Aquitaine et de Bavière; telle fut sa pie-*

mière faute : ce partage affaiblit son pouvoir. Il en commit bientôt une seconde lors delà guerre que lui suscita Bernard , son neveu, roi d'Italie : au lieu de pardonner à ce prince vaincu etsuppliant, illui fit crever les yeux , et causa ainsi sa mort. Louis punit, en outre, du même supplice tous les partisans de Bernard.

Les évèques lui imposèrent une pénitence publique, et Louis se soumit à cette humiliation en présence de tout un peuple. De nouveaux troubles éclatèrent bientôt; les trois fils du monarque se révoltèrent contre lui , le déposèrent et l'enfermèrent à St-Médard de Soissons: le prétexte de leur révolte était le nouveau démembrement de l'Etat , que le roi voulait opérer en faveur de son jeune fils Charles, né de sa seconde femme Judith.

La mésintelligence qui régnait entre les frères rendit au roi sa liberté et son trône ; mais ce calme dura peu. Une seconde révolte éclata , et cette fois Lothaire leva une forte armée. Il avait amené d'Italie le pape Grégoire pour lui servir d'arbitre ; mais celui-ci , au lieu de méniger une réconciliation , fait déserter les soldats et les seigneurs attachés au roi. Louis , abandonné de tous , passe au camp de ses enfants , retranchés entre Baie (1) et Strasbourg (2), dans une plaine appelée Champ-du-Mensonge. On ré-

(1) ftorddo la Suisse. (2) Alsace , Bas-Rhin.

solut, afin de le rendre inhabile à régner , de le condamner à la pénitence publique pour toute sa vie. Ebbon , archevêque de Reims , homme ingrat et pervers, président d'un concile assemblé à Compiègne , composa pour l'empereur un acte de confession chargé d'aveux criminels, que le roi eut la faiblesse de lire publiquement en abdiquant à jamais la couronne.

On partagea de nouveau l'empire; la division des coupables rendit encore au roi sa liberté; mais Louis de Bavière s'étant révolté une troisième fois, le malheureux père mourut de chagrin en lui pardonnant (840).

Louis Ier avait de grandes connaissances pour son temps ; sa faiblesse fit son malheur et celui de la France.

( Voyez Y Histoire de France. )

Page 1