FËNÉLOA
Hisloire de France ( 17e siècle).
François de Salignac de la Mothe-Fénélon naquit au château de Fénélon , en Quercy , le 6 août 1651. Il reçut les ordres à l'âge de vingtquatre ans, fut nommé précepteur des enfants de France en 1689 , succéda à Pélisson dans l'académie française en 1693, fut nommé archevêque de Cambrai (1) en 1695, et mourut dans cette ville le 7 janvier 1715.
L'abbé de Fénélon n'avait que quinze ans lorsque son talent pour l'éloquence de la chaire commença à se développer ; il fit de cette partie une étude particulière, qui ne nuisit point à ses autres éludes.
Ses vertus le firent choisir par M. de Harlay pour supérieur des Nouvelles converties, et son Traité de l'Education des Filles , qui le fit connaître de Louis XIV, détermina Sa Majesté à le nommer précepteur du duc de Bourgogne, de Philippe d'Anjou et du duc de Berri. C'est au zèle de M. de Fénélon pour ses élèves que le monde est redevable du Télétnaquc et des Dialogues des Morts.
Le grand Bossuet accusa Fénélon de quiétisme , et fit condamner son livre des Maximes des Saints par un bref d'Innocent VII, en 1699.
Envoyé en exil dans son diocèse , le prélat
(1) Flandre.
eut le courage de faire lui-même, en chaire , la lecture du mandement par lequel il assurait le pape et toute l'Eglise d'une entière soumission. La douceur de ses mœurs, répandue dans sa conversation comme dans ses écrits, le fit aimer et respecter , même des ennemis de la France ; M. de Marlborough prit soin qu'on épargnât ses terres. M. de Cambrai se montra jusqu'à la fin le modèle des pasteurs et le père des pauvres. A sa mort, on le trouva sans argent et sans dettes.
Fénélon fut l'homme de l'avenir ; beaucoup de pensées fécondes , qu'on a développées depuis , se trouvent dans ses ouvrages. Il osa résister à Louis XIV , et blâmer sévèrement quelques-unes de ses mesures.